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L’Aquila, 7 ans après, ville déserte

le samedi 27 août 2016 dans Risques, Société | 1 commentaire

Le séisme récent dans les Abruzzes a fait la une des journaux. Ce type d’événement très médiatisé a pour corollaire une rapide disparition dans l’oubli. C’est donc ici l’occasion de revenir sur la ville de L’Aquila située à 30 km de l’épicentre du séisme de la semaine passée, chef-lieu de la région des Abruzzes, frappée le 6 avril 2009 par un séisme de magnitude 5,8 qui avait fait 309 morts et près de 70 000 sinistrés, et dont la presse durant ces 7 années n’a que peu parlé.

24 Heures d’aujourd’hui donne la parole aux habitants de la ville et souligne l’abandon dont L’Aquila est victime: (Luca Di Stefano, « Sept ans après, L’Aquila reste sinistrée »)

Sept ans sont passés et le plus grand chantier d’Europe est en cours. Il vient de démarrer en réalité, avec 1332 chantiers actuellement ouverts alors que les travaux se sont révélés plus rapides dans la périphérie. «C’est une ville morte, Monsieur!» avertissent deux retraités descendus de leur village pour une promenade. Face à eux, la place principale n’a jamais revu un seul des étals du marché. Dans la rue centrale, deux cafés seulement, un marchand de glaces et une crêperie ambulante. […]
A L’Aquila, les années post-séisme racontent l’histoire d’un exode massif. Les statistiques officielles indiquent 70 000 habitants, mais elles englobent la périphérie, seule à contribuer au poids démographique déclinant de la province qui a vu arriver des milliers d’ouvriers sur ses chantiers.
Comme tout le monde ici, Mario De Michele et Anatolia Nardis, propriétaires d’un petit café, savent que les tendances ne montrent aucun signe de reprise. Alors que le centre historique comptait 900 commerces avant 2009, seulement 30 échoppes parient encore sur l’avenir. Ville universitaire, L’Aquila a subi une hémorragie de ses étudiants, avec 40% d’inscrits en moins depuis que les taxes universitaires ont été réintroduites l’an dernier (elles avaient été suspendues pour contribuer à la reprise). Il n’y a ici pas de poste, pas de supermarché, aucun service et une grande défiance vis-à-vis des autorités politiques, souvent citées dans les affaires de corruption qui accompagnent la reconstruction. […]
Vito Laterza vit à plusieurs kilomètres de L’Aquila, dans l’un des bâtiments construits en urgence après le séisme. Ces 4500 «case Berlusconi», ces logements préfabriqués voulus par l’ex-premier ministre, pourraient être mis à disposition des sinistrés d’Amatrice et d’ailleurs. Mais les habitants se méfient: plusieurs balcons se sont écroulés, mettant au jour des malfaçons et un scandale de corruption à 18 millions d’euros impliquant fonctionnaires et constructeurs.
Assergi, l’une des «new towns» berlusconiennes, s’accroche au massif du Gran Sasso, à quinze kilomètres de L’Aquila. Vues depuis le viaduc autoroutier, les quatre structures ressemblent à des bâtiments modernes entourés de végétation. De près, les faïences révèlent leur piètre qualité et les panneaux solaires servent seulement à étendre du linge. «Ils n’ont jamais marché ni même été branchés», ironisent les habitants. De manière analogue, les compteurs d’eau et d’électricité ont été construits dans l’urgence avec pour conséquence d’être illisibles.

 

Un reportage de FranceInfo sur L’Aquila aujourd’hui:

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Et une émission spéciale de 30 minutes (en italien, TGtg-Telegiornali) en direct de L’Aquila 6 ans après:

 

La bande-annonce de Draquila : L’Italie qui tremble, film italien documentaire de Sabina Guzzanti sorti en 2010, qui parle autant du séisme de L’Aquila que de Berlusconi:

 

 

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