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Le patrimoine mondial de l’humanité

le lundi 11 mai 2020 dans Articles d'élèves, Environnement | 0 commentaire

Cet article est basé sur le dossier de Dion. J’y ai apporté des corrections et des ajouts. Cette façon de faire peut paraître déontologiquement un peu particulière par rapport au travail de recherche des étudiant.e.s, de l’exposition de leurs idées, de la rédaction et de la structure de leur texte, et donc par extension des questions de propriété intellectuelle et de plagiat. C’est un moyen exceptionnellement choisi dans une période de confinement (COVID-19) pour partager l’essentiel de vos contributions à l’ensemble des classes. Par ailleurs, vous avez accès à la version originale de chaque dossier en suivant les liens ci-dessus (Philippe Maendly).

Patrimoine

Définition du patrimoine selon le Larousse: “Ce qui est considéré comme un bien propre, une richesse : Son patrimoine, c’est son intelligence. Ce qui est considéré comme l’héritage commun d’un groupe : Le patrimoine culturel d’un pays. Ensemble des biens, droits et obligations ayant une valeur économique dont une personne peut être titulaire ou tenue.”

Introduction 

L’Unesco (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization), fondatrice du Patrimoine mondial de l’humanité, est une organisation fondée par l’ONU en 1945 après la Seconde guerre mondiale qui a pour but de maintenir la paix et le respect et également de réunir les natios entre elles, peu importe leurs origines à l’aide de l’éducation, de la culture et de la science.

Selon leur site, la vision de l’UNESCO est la suivante:

La coopération politique et économique des gouvernements ne suffit pas à assurer l’adhésion durable et sincère des peuples. La paix doit être fondée sur le dialogue, la compréhension mutuelle ainsi que la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité. Dans cet esprit, l’UNESCO développe des outils éducatifs pour aider chaque individu à vivre en tant que citoyen du monde. L’UNESCO travaille pour que chaque enfant et chaque adulte ait accès à une éducation de qualité. L’UNESCO renforce les liens entre les Nations en promouvant le patrimoine culturel et l’égalité de toutes les cultures. L’UNESCO favorise les programmes et les politiques scientifiques qui sont des plateformes de développement et de coopération. L’UNESCO défend la liberté d’expression, un droit fondamental et une condition essentielle pour la démocratie et le développement. Servant de laboratoire d’idées, l’UNESCO aide les pays à adopter des normes internationales et gère des programmes qui favorisent la libre circulation des idées et le partage des connaissances.

Le Patrimoine mondial

En 1972 a lieu la Convention pour la protection du patrimoine mondial . L’objectif principal est de préserver différents biens culturels et naturels à travers tout les continents du globe.

6 ans après, la première listes de biens à protéger sera établie.

Cette idée de préserver le Patrimoine Mondial a vu le jour après la construction d’un barrage à Assouan en Égypte afin d’éviter l’inondation des temples d’Abou Simbel, monuments de haute valeur de l’Égypte ancienne. En effet, en 1959, 80 millions de dollars dont la moitié provenait de dons de 50 pays a permis la réalisation de cette campagne. Cet événement suivra la signature de la fameuse convention de 1972.

Toujours actif aujourd’hui, le patrimoine mondial de l’humanité protège les biens culturels, naturels ou mixtes de 195 États en inscrit des nouveaux et les renouvellent chaque année.

Problématique 

Pourquoi les États et l’Unesco ont-ils ressenti la nécessité de créer la notion de Patrimoine mondial de l’humanité?

1.1 La démarche

L’inscription d’un bien, qu’il soit culturel ou naturel, s’accomplit en plusieurs étapes :

Il faut d’abord récolter le plus d’informations possible afin de décider si des travaux supplémentaires sont obligatoire comme :
– les recherches
– les inventaires
– les documents
– les relations avec les parties prenantes.

Une fois les informations récoltées, une équipe compétente doit être constituée, car l’inscription est assez complexe et difficile à gérer en raison des nombreuses et diverses compétences nécessaires. L’Unesco conseille que l’équipe soit composée des parties prenantes (propriétaire du bien, État partie ou communauté locale) qui aie connaissance de la Convention du patrimoine mondial et des biens inscrits au patrimoine et qui aie un objectif clair et précis et un plan de travail réalisable.

UNESCO, Preparing World Heritage Nominations (Second edition, 2011)

Une fois que l’équipe est prête et l’inscription faite, le bien doit être considéré comme une valeur universelle exceptionnelle (VUE).
La VUE se base sur 3 critères que le site doit respecter afin d’être intégré au patrimoine mondial :
– Le bien répond à un ou plusieurs critères relatifs au patrimoine mondial;
– Le bien répond aux conditions d’intégrité (le site a-t-il une taille suffisante pour être admis ou est-il bien conservé afin de respecter les critères de la VUE);
– Le bien satisfait aux prescriptions en matière de protection et de gestion.

UNESCO, Preparing World Heritage Nominations (Second edition, 2011)

On compte 10 critères relatifs au patrimoine mondial dont les critères 1-6 représentent les biens culturels et les critères 7-10 les biens naturels.

(I) : représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain ;
(II) : témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages ;
(III) : apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue ;
(IV) : offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine ;
(V) : être un exemple éminent d’établissement humain traditionnel, de l’utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d’une culture (ou de cultures), ou de l’interaction humaine avec l’environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l’impact d’une mutation irréversible ;
(VI) : être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle ;
(VII) : Représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles ;
(VIII) : être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’ histoire de la Terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans le développement des formes terrestres ou d’éléments géomorphiques ou physiographiques ayant une grande signification ;
(IX) : être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins ;
(X) : contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation.
Wikipedia: §77 des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial, 12 juillet 2017.

Cette étape reste la plus importante pour l’inscription au patrimoine mondial.

Enfin le bien doit être comparé à d’autres pouvant rejoindre le patrimoine mondial durant les prochaines années ou déjà inscrit pour éviter un manque d’originalité. L’échelon pour un bien culturel peut être régional ou mondial tandis qu’un bien naturel a comme limite le monde entier.

Si le bien passe toutes ces étapes avec succès, il est admis au patrimoine mondial.  

1.2 Quels types de biens?

Au début un patrimoine mondial était le plus souvent un monument ou un édifice mais aujourd’hui le terme patrimoine est devenu plus vaste et représente des paysages, villes ou établissements industriels ou militaires, le patrimoine immatériel inclut la gastronomie française, etc.
Selon la Convention de 1972, les patrimoines culturel et naturel sont définis ainsi:


Article 1
Aux fins de la présente Convention sont considérés comme « patrimoine culturel » :
les monuments : œuvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, éléments ou structures de caractère archéologique, inscriptions, grottes et groupes d’éléments, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science,
les ensembles : groupes de constructions isolées ou réunies, qui, en raison de leur architecture, de leur unité, ou de leur intégration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science,
les sites : œuvres de l’homme ou œuvres conjuguées de l’homme et de la nature, et zones incluant des sites archéologiques, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique.


Article 2
Aux fins de la présente Convention sont considérés comme « patrimoine naturel » :
les monuments naturels constitués par des formations physiques et biologiques ou par des groupes de telles formations qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue esthétique ou scientifique,
les formations géologiques et physiographiques et les zones strictement délimitées constituant l’habitat d’espèces animale et végétale menacées, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation,
les sites naturels ou les zones naturelles strictement délimitées, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science, de la conservation ou de la beauté naturelle.

Monument : œuvres architecturales, sculptures ou peintures gigantesques, inscriptions ou grottes  

Statut de la Liberté/États-Unis
Taj Mahal/Inde

Ensemble : groupe de constructions réuni ou séparé

Vieille ville de Lijiang/Chine

Site : œuvres de l’homme ou œuvres humaines et naturelles

Le premier Jardin botanique du monde à Padoue/Italie

Un bien naturel peut être défini comme des monuments naturels par des phénomènes physiques ou biologiques  

Grande Barrière/Australie
Parc national du Grand Canyon/États-Unis

1.3 Répartition géographique

Le site de l’UNESCO propose la carte imprimée et officielle des sites patrimoniaux:

Et une carte interactive permettant des recherches par catégories:

Cliquer ici

L’UNESCO divise le monde en 5 groupes : L’Europe et l’Amérique du Nord (Bleu)/L’Amérique latine et Caraïbe (Rose)/L’Afrique (Vert)/Les États arabes (Jaune) et l’Asie et le Pacifique (Orange).

L’Italie et La Chine sont les pays les plus représenté avec 55 biens culturels et naturels inscrits au Patrimoine Mondial. L’Espagne (48), l’Allemagne (46) et la France (45) les suivent de près.

L’Europe étant sur-représentée, l’Unesco essaye de trouver un équilibre plus représentatitf des différentes cultures et régions. En 1994, le Comité du patrimoine mondial lançait la Stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial équilibrée, représentative et crédible.

Les efforts en cours:

En dix ans, le nombre de pays signataires de la Convention du patrimoine mondial est passé de 139 à 178. Le nombre d’Etats parties qui ont soumis des Listes indicatives conformes au modèle élaboré par le Comité est passé de 33 à 132. De nouvelles catégories de sites du patrimoine mondial ont été encouragées, comme les paysages culturels, les itinéraires culturels, le patrimoine industriel, les déserts, les sites marins côtiers et les sites insulaires de petite taille.

Des conférences et des études thématiques importantes pour la mise en œuvre de la Stratégie globale se sont déroulées en Afrique, dans le Pacifique, dans les Andes, les Etats arabes, les Caraïbes, en Asie centrale et en Asie du Sud-Est. Ces études pointues sont devenues de véritables guides de référence pour la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial dans ces régions.

Pour encourager les catégories de sites sous-représentées et améliorer la couverture géographique, le Comité du patrimoine mondial a récemment décidé de limiter le nombre de propositions d’inscription qui peuvent être soumises par chaque État partie et le nombre de propositions d’inscription qu’il examinera au cours de sa session.

http://whc.unesco.org/fr/strategieglobale/

1.4 Patrimoine mondial en péril

Un bien est considéré comme en péril lorsque il touché par une catastrophe d’origine naturelle (ex : ouragans, tremblement de terre, inondations, etc…) ou humaine (ex : urbanisation sauvage, développement incontrôlé du tourisme, guerre, terrorisme ou pollution).

Ces catastrophes peuvent causer des modifications, des dommages graves voir la destruction complète du bien. Il se peut aussi que ces catastrophes atteignent la population locale, ce que l’Unesco veut à tout prix éviter de plusieurs manières en fonction de la situation.

La première option, la gestion des risques de catastrophe (GRC), est utilisée pour réduire les risques pouvant impacter le bien et ses alentours.

Pour ça il faut tout d’abord évaluer les risques du bien en reprenant tous les dangers notés dans l’inscription du bien au Patrimoine Mondial (il est obligatoire d’inscrire les catastrophes pouvant arriver au bien), en analysant la localisation du bien (ex : le terrain ou le pays dans lequel se situe le bien) et en définissant le niveau du danger.

Après l’évaluation, la prochaine mission est de prévenir les populations et de les préparer à la catastrophe, solidifier le bien pour réduire les dégâts et amoindrir l’effet des catastrophes si c’est possible.

Si la catastrophe se produit même après ces mesures préventives, une équipe est envoyée pour secourir les vies humaines et sauver le plus d’éléments possibles appartenant au bien.

Après la catastrophe, les dégâts sont évalués afin de prévoir les ressources nécessaires à la rénovation ou à la réparation du bien et de se préparer pour d’éventuelles nouvelles catastrophes. Entre temps la GRC doit aussi s’assurer que d’autres risques n’interviennent pas avant la réparation comme des pillages ou vols pour les biens culturels ou la disparition d’habitat pour les biens naturels.

Si aucun potentiel danger n’apparaît, la réparation peut commencer et les populations peuvent rejoindre leur habitat.

La cité de Bam

Un exemple de site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril:
la cité iranienne de Bam : En 2004, l’ancienne citadelle et le paysage culturel de la cité iranienne de Bam, où 26 000 personnes ont perdu la vie lors du tremblement de terre de décembre 2003, ont été inscrits simultanément sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et sur la Liste du patrimoine mondial en péril. D’importants moyens internationaux sont mobilisés pour sauver le patrimoine culturel de cette ville dévastée.

2. Le Patrimoine mondial en Suisse (Lavaux)

2.1 En Suisse

La Suisse compte 9 sites culturels et 3 sites naturels, alors que l’on aurait probablement une vision plus “naturelle” du patrimoine suisse.

Patrimoine en Suisse

2.2 Lavaux, vignoble en terrasses

Lavaux est une région très connue pour ses vignobles au bord du lac Léman, inscrite en juin 2008 au Patrimoine Mondial de l’humanité. Longue de 898 hectares soit 8.98 kilomètres sur sa zone centrale et 1368 hectares sur sa zone tampon soit 13.68 kilomètres, elle s’étend de Lutry à Vevey avec entre les deux 14 différentes communes.

Lavaux

La particularité de ce territoire est le travail de l’homme pour avoir aménagé un territoire naturel, parfois dangereux et difficilement habitable, en une zone maîtrisée et apte au travail viticole.

Cette maîtrise du terrain fut possible grâce à la construction de murs et de terrasses qui permirent aux vignes de rester droites face à la pente souvent forte et de faciliter le travail avec la construction d’escaliers qui rendaient possible un déplacement sécurisé entre les parcelles.

Lavaux, vignoble en terrasses

2.2 L’inscription de Lavaux

Comme expliqué dans le point 1.1, l’inscription de Lavaux doit être conçue par une équipe compétente qui connaît ce domaine. Cette équipe était constituée de professeurs à l’Université de Lausanne, de conservateurs de musées, d’historiens et de spécialistes.

On peut rajouter que Lavaux n’était pas le seul bien à vouloir avoir une place au Patrimoine mondial. Il était en concurrence avec 6 autres biens suisses.

L’objectif principal de l’équipe était, en écrivant le dossier de candidature, de décrire le bien, sa nature, son histoire et ses arts et de justifier sa candidature.

L’inscription d’un bien ne reste tout de même pas aussi simple. Le bien doit encore obéir aux différents critères définis par la VUE. Le dossier de candidature en a choisi trois afin de justifier l’inscription de Lavaux (UNESCO) :

Le dossier a ensuite comparé le vignoble à 10 autres vignobles inscrits au Patrimoine mondial afin de représenter les terrains viticoles de Lavaux comme unique et originaux.

Le dossier de candidature de Lavaux approuvé, le bien sera inscrit au patrimoine mondial de l’humanité le 28 juin 2008.

2.3 Lavaux: patrimoine culturel ou naturel?

On pourrait croire que Lavaux est un bien culturel grâce au travail fourni par l’homme pour contrôler les pentes et y cultiver les vignes, mais ce n’est pas seulement le cas. En effet Lavaux possède une faune et flore assez variées quoique peu présentes à cause de sa vocation viticole.

La faune est composée d’espèces, certaines plutôt communes à d’autres vraiment rares. On peut prendre comme exemple les chevreuils et les renards de la famille des mammifères et les lézards et vipères de la famille des reptiles.

Vipère aspic

On peut citer dans la flore quelques fleurs comme l’ophrys bourdon ou l’érable à feuille d’obier

ophrys bourdon                                      érable à feuille d’obier

Donc Lavaux n’est ni un bien culturel, ni un bien naturel mais une combinaison des deux qu’on appelle un bien mixte ou un « paysage culturel », mentionné dans le dossier de candidature.

3. Conclusion

La raison pour laquelle l’Unesco offre autant d’importance et désire à tout prix protéger le Patrimoine Mondial est parce que ce dernier transmet une mémoire du passé au générations futures dans une société en constant changement.

Il permet également à un État de se trouver une identité et en même temps une fierté et aide aussi les gens d’aujourd’hui à en apprendre plus sur leur pays natal ou un pays étranger.

Le Patrimoine mondial offre surtout d’admirer la beauté et la diversité de notre planète.

Cela nous laisse quand même penser à la question suivante :

Question d’ouverture :

Ce pourrait-il, qu’un jour, l’Unesco soit dans l’incapacité de préserver le patrimoine mondial ?

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