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La nature en ville

le samedi 16 mai 2020 dans Articles d'élèves, Environnement, Espace, Non classé | 0 commentaire

Cet article est basé sur les dossiers de Sara, Julien et Mariana (pas de nouvelles de Thomas) et tente d’en faire la synthèse. J’y ai apporté des corrections et des ajouts. Cette façon de faire peut paraître déontologiquement un peu particulière par rapport au travail de recherche des étudiant.e.s, de l’exposition de leurs idées, de la rédaction et de la structure de leur texte, et donc par extension des questions de propriété intellectuelle et de plagiat. C’est un moyen exceptionnellement choisi dans une période de confinement (COVID-19) pour partager l’essentiel de vos contributions à l’ensemble des classes. Par ailleurs, vous avez accès à la version originale de chaque dossier en suivant les liens ci-dessus (Philippe Maendly).

Avant de laisser la parole aux élèves, j’aimerais commencer cet article à la lumière des récents événements liés au coronavirus et leur impact sur la nature et la vie urbaine.

L’hebdomadaire français L’Obs dans son édition du 14 mai 2020 consacre un article à “La parenthèse animale” avec pour chapeau. “Les animaux s’en sont donné à coeur joie pendant plusieurs semaines. Ils ont investi les centres urbains désertés nous invitant à imaginer une cohabitation plus respectueuse avec la nature.”

Et de poursuivre:

“Sitôt les humains réfugiés dans leurs terriers, de multiples animaux sauvages sont sortis de leur habitat, explorant l’espace laissé libre jusque dans les centres villes. On a vu un chevreuil nager avec grâce dans les eaux salées du golfe du Morbihan, un loup blanc comme neige s’élancer sur une piste de Courchevel et des canards faire le pied de grue devant la Comédie-Française. Les uns profitant du répit, les autres en quête de nourriture. Sans un quidam à la ronde. Images oniriques et pourtant bien réelles. En France, la nature a repris ses droits comme dans l’ensemble des pays touchés par le coronavirus.”

Le magazine de la Migros traite le même thème, mais de manière plus nuancée: “Un répit en trompe-l’oeil pour la faune sauvage“:

On pourrait trouver bien rapide le réinvestissement des espaces urbains par les animaux. Cela n’étonne pourtant pas Nicolas Wüthrich, porte-parole de Pro Natura: «On a l’impression que les animaux reviennent en ville, mais en fait ils n’étaient pas si loin que ça. Ils étaient juste dérangés. Les animaux s’adaptent en général vite à notre présence et aux dérangements qu’elle occasionne. Quand le dérangement disparaît, ils en profitent.»
Un avis que partage Doris Calegari, spécialiste de la biodiversité au niveau international au WWF: «Lorsque l’homme libère des habitats qui sont plus ou moins intacts, la recolonisation par des espèces suffisamment mobiles peut généralement être observée très rapidement si celles-ci sont déjà présentes.» Les témoignages abondent sur la présence de renards ou de fouines dans les parcs urbains et dans les rues. Mais Nicolas Wüthrich ne croit pas à une présence accrue des animaux sauvages dans nos villes. «C’est sans doute que les gens dans cette période confinée sont plus attentifs. Ce qui a changé, c’est la manière dont nous ­observons les animaux.»
Même sentiment chez Gabor von Bethlenfalvy, spécialiste de la faune et des grands prédateurs au WWF. «La vie en ville est devenue plus calme. Les animaux sauvages que l’on y trouve (blaireau, renard, écureuil, etc.) disposent certainement d’un habitat moins perturbé. Mais cela ne signifie pas qu’ils n’étaient pas là avant.»

Radio-Canada nous met cependant en garde contre les “images trompeuses sur la nature qui « reprend ses droits »”

Un cerf se balade dans une rue presque déserte de la ville de Nara, au Japon.
PHOTO : GETTY IMAGES / TOMOHIRO OHSUMI

De nombreuses photos d’un peu partout dans le monde circulent depuis quelques semaines sur les réseaux sociaux, montrant des animaux sauvages qui seraient de retour dans certaines villes, faisant dire à des observateurs que la nature « reprend ses droits » en cette période de pandémie de COVID-19, où plus de la moitié de l’humanité est confinée. Or, il faut éviter d’interpréter des faits anecdotiques comme étant des signes clairs de quoi que ce soit. C’est du moins ce qu’affirme Guillaume Rivest, journaliste spécialisée en environnement, qui nous met en garde contre la désinformation qui circule à ce sujet.
Guillaume Rivest prend l’exemple de récentes images de cerfs prises au moment où les bêtes déambulent dans les rues de villes au Japon, ou encore de photos de nombreux singes qui se retrouvent soudainement en assez grand nombre dans les artères de certaines villes asiatiques.
Le journaliste spécialisé en environnement affirme que, si ces animaux se rapprochent autant en ce moment des populations en milieu urbain, ce n’est pas tant parce qu’ils profitent du calme retrouvé, mais bel et bien parce qu’ils ont faim.
Dans de nombreux cas, ces animaux cherchent les êtres humains intensément dans l’espoir qu’ils leur donnent à manger, car ils y ont été habitués au fil du temps, soit par les touristes, soit par les populations locales.

Pour preuve, votre prof n’était plus là pour les nourrir (photo de 2017 à Nara)

La Ville de Lausanne mène une initiative pour réfléchir sur la nature en ville: Sauvageons en ville!:

Interrogeant nos conceptions de la Nature, de la Ville, et de la Citoyenneté, le projet fera émerger des réflexions sur les conséquences (destruction/protection) des activités humaines sur la nature en ville et encouragera le citoyen sauvageon à prendre la liberté d’agir dans sa ville en confrontant ses questionnements à ses possibilités d’action.

Et pourquoi ne pas rêver d’une ville peuplée uniquement d’animaux? Le film Zooptie (Byron Howard, Rich Moore, 2016) l’a fait:

Michel Eltchaninoff, dans son ouvrage La Ville rêvée des philosophes (2019), commente le film:

Et si les animaux créaient leur mégapole ?
C’est la proposition de ce film produit par les studios Disney, Oscar du meilleur film d’animation 2017. Les habitants mettraient en place des règles communes. Les prédateurs n’auraient plus le droit de dévorer qui bon leur semble. Formulé selon l’imaginaire antique qui est encore le nôtre, les bêtes passeraient de la sauvagerie à la civilisation.
Le danger, dans cet équilibre, vient-il de la nature elle-même ? Les prédateurs, incapables de renier leurs gènes, sont-ils voués au réensauvagement? La nature reprendrait-elle toujours ses droits? Ce n’est pas la conviction des auteurs du film. Selon eux, la nature, lorsqu’elle se mêle à l’urbanité, est irrémédiablement transformée. L’autodomestication fait advenir une réalité mixte. Et lorsque, dans une séquence hilarante, des animaux décident de «revenir à la nature» et de faire du nudisme, ils paraissent tout aussi artificiels que les plus raffinés de leurs congénères.
La nature, en s’entremêlant à la cité, suscite une réalité nouvelle. Cette ville idéale, qui prétend réconcilier l’animalité et l’«humanité», la nature et la culture, est un modèle écologique. Elle réunit douze écosystèmes sur un même territoire, sous des climats tempéré, tropical, désertique, polaire, etc. Il faut bien que tous les animaux puissent survivre dans cette arche de Noé. C’est un mélange réussi de nature et de haute technologie. La ville est placée sous surveillance vidéo, les véhicules y sont électriques. Le progrès y a résolu les problèmes écologiques. L’équilibre entre naturalité et artifice y semble parfait.

Ouverture

Dans le même ouvrage (La Ville rêvée des philosophes), Catherine Larrère, philosophe, et Philippe Madec, architecte, s’entretiennent sur la réintroduction de la nature en ville, produisant souvent de fausses solutions purement décoratives.

CATHERINE LARRÈRE: Autrefois, on considérait que la nature serait toujours plus forte que la ville. Il est vrai qu’on n’annule pas la nature en construisant une ville. Il y a quelque chose de frappant : barrez une rue à ses deux extrémités. Au bout de quelques semaines le bitume défoncé laissera pousser l’herbe dans les fissures. En même temps, ce n’est plus tout à fait vrai. Penser la nature comme grande et forte, combattue par l’homme et ses villes, mais toujours victorieuse, est un peu naïf. En effet ce que nous avons fait subir à la nature l’a profondément transformée. Nous avons modifié le climat. Il suffit de parcourir la France en été; les bouleaux, par exemple, souffrent énormément. Ils sont jaunes, leurs feuilles sont desséchées. Qyant aux hêtres, ils disparaissent du sud de la France.
PHILIPPE MADEC: L’ère machiniste et industrielle est passée par là. L’artificialisation est trop profondément infiltrée pour être vaincue par la seule tentative d’un retour de la nature en ville. Dans certaines petites villes, si l’on détruit un immeuble, à son emplacement s’ouvre un fragment de campagne, de paysage, de lointain, de nature. Dans les métropoles, on ne le retrouve plus. Or le modèle métropolitain a supplanté le modèle urbain d’hier.
C.L.: Mais il faut comprendre que cette disparition de la nature dans la ville est quelque chose de très récent. Pensez que jusqu’au XIXe siècle il y a un nombre étonnant d’animaux dans les villes: des animaux de trait, de travail. Il y a des fermes dans les villes. Londres, au XVIe siècle, est un immense jardin. Même les grandes villes n’ont rien à voir avec le désert de pierre que nous connaissons depuis le XXe siècle. Tout a changé avec l’apparition de l’automobile, le passage de l’énergie organique à l’énergie fossile. L’opposition ville/ campagne s’est alors radicalisée, accélérée et surtout transformée.

Définitions et questions

Julien pose la question des différents types de nature urbaine:

La présence de nature en ville apparaît comme quelque chose de contradictoire. De plus, il est possible de distinguer deux types de nature : 

Ainsi, il est possible se questionner si cette présence de nature en ville est vraiment naturelle ? Pourtant, peut-on parler de nature lorsque l’homme choisit ce qu’il plante, où et quand ? 

Mariana s’interroge:

LA NATURE EN VILLE, UNE UTOPIE SOCIALE ?
Plus de la moitié de la population mondiale vit en ville, et pour beaucoup, la ville est un espace hostile à la nature. Mais presque 90% des Français pensent qu’il faut construire plus de jardins et de parcs en milieu urbain. Pour eux, ceci permettrait d’améliorer la qualité de vie en ville. Aujourd’hui, l’idée de protéger et préserver la nature est très étendue.

Pour commencer voici une définition de la nature en ville :
« Dans le cadre du présent avis, par ville, il faut comprendre le territoire urbain et périurbain et par nature, l’air, l’eau, les sols, et le tissu vivant constitué des micro-organismes, faune, flore, milieux naturels et semi-naturels, agricoles et forestiers, squares, jardins, parcs urbains, toitures et murs végétalisés. »
JAEGER Annabelle, https://www.lecese.fr/travaux-publies/la-nature-en-ville-comment-accelerer-la-dynamique

Mariana commence par décrire des exemples pour insérer la nature dans la ville, tels que les squares. 

Les squares

Square de Perdtemps nouvel espace convivial place de jeux pour les enfants Nyon le 27.6.2017 © photo Michel Perret

“Les squares de proximités sont des équipements urbains populaires. Ce sont des valeurs sûres, ils sont très fréquentés quotidiennement par une grande tranche d’âge. Ils permettent une grande variété d’activités, comme la promenade afin de se détendre, l’amusement grâce aux aires de jeux, mais également une aire de pique-nique. C’est un lieu de partage, d’échanges, de rencontres. La promenade commence déjà depuis le domicile. En effet, une des particularités des squares est son emplacement : il se situe au cœur des îlots denses, car un citadin est prêt à consentir 10 minutes à pied pour effectuer le déplacement au square.

Parc de Mon-repos, Lausanne

Les parcs urbains

Les parcs urbains sont une des pièces maîtresses d’un réseau vert, insérés dans la ville, même s’ils doivent rester à l’écart du bruit et de l’agitation de celle-ci.
Ils recueillent de très bons taux de satisfaction des visiteurs. Les parcs sont un équipement urbain très prisés des citadins d’une ville-centre, et ils séduisent un large public s’ils réunissent quelques aménagements ludiques, tel que des installations sportives ou des équipements d’accueil. Un parc est plus fréquenté qu’un square, notamment durant la semaine, en fin d’après-midi et en soirée, mais également les week-ends, car il attire les habitants des communes périurbaines. Un parc permet aussi de marcher, de se promener. Plus la surface du parc est grande, plus il y a de végétation et donc plus les gens venus de loin sont attirés. Les parcs sont des symboles de tranquillité et de propreté.
L’insertion de nature dans une ville a beaucoup d’avantages. Cela permet par exemple de lutter contre le réchauffement climatique. Les parcs urbains, par exemple permettent de créer des îlots de fraicheur, dans un îlot de chaleur. Ils purifient également la qualité de l’air : la végétation filtre et capture les particules atmosphériques et polluantes. La végétation permet aussi d’améliorer la qualité de l’eau, ce qui apporte un gain économique et environnemental aux villes. Mais elle peut aussi permettre de réduire les inondations. C’est une source de bien-être des citadins, de création de liens sociaux, et elle contribue à donner une image positive et attractive de la ville.

Les points chauds

National Geographic France, Août 2019

L’urbaniste Amandine Richaud-Crambes rappelle dans une interview dans Libération du 26 juillet 2019 l’importance des espaces verts en milieu urbain:

Comment la végétalisation permet-elle de créer des îlots de fraîcheur en ville ?
Plusieurs éléments vont faire diminuer la chaleur. Outre son apport d’ombrage, la végétation a un fort albédo – cette capacité d’un matériau à réfléchir les rayons du soleil. A l’inverse du bitume, les végétaux emprisonnent donc moins la chaleur. Toutefois, ce ne sont pas tant les végétaux qui permettent de rafraîchir l’air, mais plutôt leur effet d’évapotranspiration qui permet d’avoir de l’eau dans l’air. Les sols nus, poreux, et la présence de l’eau sont la clé. Sur le bitume, matériau imperméable, l’eau part dans les canalisations et ne s’infiltre pas dans les sols.

Cela implique de laisser la nature regagner de la place. Comment repenser l’espace ?
La place est là où on veut la trouver, c’est une question de volonté et de choix politiques. Si l’on enlève des places de stationnement, si l’on considère les immeubles entiers de bureaux vides, l’espace existe. Avec la pression urbaine, la création de grands parcs peut être difficile. Mais la présence de nombreux îlots d’arbres, plantés à des distances très régulières, a un effet rafraîchissant important, par exemple de petits parcs – 100 m² peuvent suffire. La végétalisation des murs ou des toits peut avoir un impact sur le bâtiment ou à proximité immédiate, mais son effet sur la ville n’est pas suffisant.

Quelles sont les autres solutions pour diminuer l’effet des vagues de chaleur?
Une réflexion est à engager sur les formes de nos villes. Celles-ci se sont construites de manière orthogonale. Or les schémas quadrillés, les rues rectilignes empêchent une bonne circulation de l’air. Il faut des formes en quinconces et des bâtiments de hauteurs différentes pour créer des courants d’air. On doit aussi construire et organiser les bâtiments de façon à ce qu’ils émettent moins de gaz à effet de serre. Une meilleure isolation thermique permet de garder la chaleur en hiver et la fraîcheur en été, alors que la climatisation va être le problème énergétique des prochaines années. Enfin, il faut trouver les moyens de réintroduire et de retenir l’eau.

Une vidéo qui montre comment la géo aide à lutter contre la chaleur urbaine

Les corridors biologiques et trames vertes

Il existe aussi des corridors biologiques. Ils permettent de lutter contre l’érosion de la biodiversité, et de créer un réseau de voies vertes pour stimuler les modes doux de déplacements. De plus l’accroissement des villes participe au recul des milieux naturels, et perturbe les animaux et les végétaux. Ces « corridors » peuvent servir de connexion entre les squares et le « continent rural », mais peuvent être également des berges d’un cours d’eau, des alignements d’arbres, etc. Ils servent aussi de promenade : « mi-promenade urbaine, mi-jardin public » (BOUTEFEU Emmanuel, http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/transv/paysage/PaysageViv.htm)”

Boutefeu montre que:

La surface est un paramètre-clé pour expliquer le niveau de richesse spécifique d’un espace vert : un square est toujours plus pauvre qu’un parc urbain. Mais ce n’est évidemment pas le seul facteur déterminant. Une faible distance de connexion du square au “continent rural” via un corridor vert – berge arborée d’un cours d’eau, alignement d’arbres d’ornement, cordon de haies vives d’un lotissement, etc. – diminue les risques d’extinction locale des espèces présentes.

Il existe également un concept appelé « trame verte » (ou trame verte et bleue) qui date des années 1980-1990. Il est issu de l’écologie du paysage et du projet de réseau écologique paneuropéen préparé par le Conseil de l’Europe. Il y a deux catégories de trames vertes. La première est un réseau d’espaces verts, sans cohérence écologique, souvent autour de chemins de promenades ou randonnées. La deuxième est un maillage écologique basé sur une approche scientifique. Elle est souvent le fait de villes, de grandes agglomérations ou pays d’Europe du Nord, comme par exemple en France. Par contre la trame verte a encore une gouvernance très centralisée, ce qui ne facilite pas le passage de la théorie à la pratique.

Selon Wikipedia:

En termes d’écologie du paysage une trame verte est la somme des zones de connexion biologique et des habitats naturels connectés. Autrement dit : le réseau des éléments de territoire et de milieux qui constituent ou connectent entre eux :

– les habitats naturels de la flore et de la faune sauvages et spontanées, – les sites de reproduction,
– les sites de nourrissage,
– les sites de repos et d’abri,
– les « couloirs » (corridors) de déplacement (dont migrations) de la faune sauvage,

les « couloirs » (corridors) de dispersion de la flore.
L’état et la qualité de la Trame se mesurent dans la qualité et la quantité des habitats naturels et des connexions biologiques entre ces habitats. Les habitats sont en quelque sorte les nœuds du maillage, et ils jouent le rôle de réservoir de gènes, d’espèces, de communautés pour la biodiversité.

Central Park

Julien cite l’exemple de Central Park à New York.

Central Park

L’exemple le plus impressionnant de parc public est sans aucun doute celui de Central Park. Situé au cœur même de l’île de Manhattan, ce gigantesque rectangle de verdure contraste avec les gratte-ciels l’entourant. D’une longueur d’environ 4 km et 800 m de large, il est un véritable poumon vert de la ville. Il est le lieu de rencontre de milliers de personnes et propose de nombreuses activités. Cependant, les gratte-ciel l’entourant créent une véritable muraille au-delà de laquelle la nature n’est plus tellement existante.

Cyria Emelianoff, dans son article “L’écologie urbaine entre science et urbanisme” retrace les motivations à l’origine des parcs urbains américains:

Pour Frédéric Law Olmsted, l’auteur de Central Park et des systèmes de parcs dont se dotent différentes métropoles américaines dans la deuxième moitié du XIXe siècle (Boston, New York, Baltimore, Harrisburg), le développement urbain demande à être appréhendé d’une manière globale et prospective : il s’agit de traiter l’agglomération dans son ensemble et d’anticiper les développements ultérieurs, dans une période de forte croissance urbaine. Les parcs permettent de constituer des réserves foncières pour les générations suivantes. Le végétal n’est pas seulement un outil stratégique de planification.
Le parc est aussi un antidote aux maladies nerveuses et au stress qui affectent la vie de l’homme moderne, dans un environnement de plus en plus artificiel. En réintroduisant le soleil et l’air frais en ville, les espaces de jeux et de récréation, le végétal régénère la ville. Multifonctionnel, l’espace végétalisé est avant tout un espace public de détente et de sociabilité. Il a donc simultanément une fonction de desserrement de la ville et des tensions liées à la vie citadine. À cette époque, hygiène physique et morale sont étroitement associées. C’est ainsi que se développe l’idée, principalement sous la plume des journalistes, que la réintroduction de la nature en ville, en créant de nouveaux espaces de sociabilité, est un moyen de rétablir l’ordre social, de réduire l’alcoolisme, la criminalité et la délinquance qui affectent les centres urbains.

Central Park

Ainsi le choix a été fait de consacrer une importante surface à un unique parc dans Manhattan, et l’on peut s’interroger s’il ne serait pas mieux d’intégrer la nature dans toute la ville plutôt que de la centraliser à un seul endroit qui finalement serait dérangeant pour la faune ? Ainsi il serait plus efficace d’avoir de petits endroits et certains un peu plus vastes dans une ville afin de verdir un peu tous les coins de rue.

Guerilla Gardening

Cependant il y a des actions que l’on peut faire soi-même pour verdir un peu plus sa ville. Il existe une « guérilla jardinière » dans laquelle les habitants plantent des plantes et fleurs sauvages dans des lieux publics sans autorisation préalable de la commune. En soi cela n’est pas permis mais les autorités ne peuvent pas grand-chose sur ce plan. Il est également possible de laisser un coin de son jardin où l’on ne coupera pas l’herbe. L’installation d’hôtels à insectes et nichoirs dans les arbres serviront eux aussi à rendre la ville plus accueillante à la faune. Sans compter la plantation de fleurs sauvages attirant bourdons et papillons colorés.

En conclusion

Julien: La nature a besoin d’une place en ville pour le bien-être de tous. Pour cela, il existe de nombreux moyens très simples de rendre notre ville plus attrayante et plus vivante. La nature ne doit plus être antonyme de la ville mais mélangés, complémentaires. Ainsi, l’on pourrait dire qu’une végétation peut être qualifiée de naturelle seulement si elle vit en symbiose avec la flore et la faune environnantes (l’homme y compris).

Le PowerPoint de Mariana se trouve ici.

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