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Volkswagen: Das Problem?

le mardi 30 mai 2017 dans Articles d'élèves, Environnement, Société | 0 commentaire

 

Un article de Can et Ardit

 

File photo of a customised Volkswagen logo adorning a VW Beetle car in Hanau, Germany, November 12, 2015. REUTERS/Kai Pfaffenbach/Files

 

Comment le groupe Volkswagen est redevenu le n° 1 mondial après le Dieselgate ?

Début 2014, l’ONG International Council on Clean Transportation, qui veille à l’application des réglementations environnementales, choisit le groupe Volkswagen dans le but prouver que les émissions américaines de NOx, sont beaucoup plus faibles que celles de la norme européenne, notamment grâce au Clean Air Act, loi  en vigueur aux Etats-Unis visant à diminuer la pollution de l’air. C’est lors de ces tests que le destin du Groupe Volkswagen va prendre une tournure peu ordinaire. En effet, l’équipe du chercheur Gregory Thompson chargée d’effectuer ces examens révèle une information qui va faire scandale seulement une année plus tard.

En septembre 2015,  le cours des actions Volkswagen est en chute libre, une chute de 35 % en seulement deux jours. Tous les journaux parlent du scandale Volkswagen. Quelle en est la cause ? Alors que le groupe tentait pour la première fois de devancer le constructeur Toyota en termes de ventes, il admet avoir utilisé des logiciels fraudeurs permettant de détecter si la voiture est en phase de test antipollution pour adapter ses émissions de NOx et de CO2. Les résultats des tests seront faussés en faveur de la voiture qui restera dans les normes légales de pollution.

Début 2017,  les chiffres des deux leaders du secteur automobile (Toyota et Volkswagen) sont publiés. Les résultats sont déroutants. Le constructeur allemand est passé premier mondial en matière de vente de véhicules après la phase du DieselGate. Comment le groupe a-t-il réussi à être si peu atteint par un scandale d’une telle ampleur ?

https://www.forbes.com/sites/bertelschmitt/2017/01/30/its-official-volkswagen-worlds-largest-automaker-2016-or-maybe-toyota/#34a078bb76b0

Il faut tout d’abord se pencher sur les causes de l’utilisation de ces logiciels. Tout commence en  2005, où la prestigieuse entreprise Volkswagen prend l’initiative de s’imposer dans le marché des véhicules fonctionnant au diesel aux États-unis. Ils rencontrent alors des restrictions imposées par les normes américaines d’émission de gaz NOx. En effet, pour être en accord avec le Clean Air Act, le groupe doit installer un logiciel appelé SCR  nécessitant un investissement de 300 euros par moteur. Or, Volkswagen est en pleine opération de réduction des coûts et va donc faire recours à un système de trucage permettant ainsi une économie de 3 milliards de dollars pour 11 millions de véhicules.

 

Comment a réagi la firme et quelles sanctions judiciaires ont été établies ?

Suite à la divulgation de la fraude en septembre 2015, la firme allemande a immédiatement reconnu les faits et lancé une enquête interne tout en affirmant que la fraude  provenait d’un petit groupe de personnes au sein de l’entreprise. Le PDG Martin Winterkorn a ensuite déclaré qu’il ferait tout pour regagner la confiance accordée par tant de clients. Fin septembre 2015, le directeur général annonce sa démission, affirmant qu’il n’était pas au courant de la fraude. La firme va alors arrêter la commercialisation des véhicules concernés aux États-Unis et cesser la diffusion des publicités flattant la propreté de leur moteur. Pour encourager les salariés à rapporter des anomalies dont ils auraient été témoins, sans avoir à craindre pour leur emploi, des phases de “ coopération” et de “libre-parole” ont été établies. Enfreignant les règles du Clean Air Act, la firme s’est vu  infliger de multiples sanctions et une amende de 22 milliards de dollars.

Cette vidéo vantant la propreté des moteurs diesel  semble ridicule dans le contexte actuel. En effet, ces pubs ont été supprimées après la divulgation de la fraude.

 

Un article du Figaro commente:

Les entreprises qui choisissent de mentir aux autorités réglementaires américaines sont généralement sévèrement punies. VW, géant européen de l’automobile, le vérifie. Le constructeur va payer 4,3 milliards de dollars de plus pour mettre un terme aux poursuites civiles et pénales déclenchées en septembre 2015 par la découverte d’une tricherie délibérée destinée à masquer le degré de pollution des moteurs diesel de VW. De ce montant, 2,8 milliards correspondent à des sanctions pénales. Le numéro deux mondial de l’automobile reconnaît avoir trompé délibérément les régulateurs américains et ses clients de 2006 à 2015, ainsi qu’avoir tenté de détruire les documents qui prouvaient sa fraude.
Le «Dieselgate», rien qu’aux États-Unis, va donc coûter près de 22 milliards de dollars au groupe allemand. Ce dernier avait en effet déjà promis de consacrer jusqu’à 17, 5 milliards de dollars pour couvrir les plaintes des régulateurs, des propriétaires de ses véhicules et de ses concessionnaires. Dans le cadre de ce premier accord VW avait également offert de racheter quelque 600’000 voitures qui ne respectaient pas les normes américaines de pollution ou qui ne pourraient pas être réparées à ses frais.”

En Europe, Volkswagen a enfreint la règlementation de plus de 20 pays. Ce qui implique que le groupe va très certainement devoir débourser encore des milliards sur le continent européen en terme d’amendes. Il a cependant admis ne pas vouloir dédommager les clients financièrement.

 

Enjeux sur l’opinion publique

Voici deux graphiques publiés à la suite d’une enquête effectuée par l’Observatoire Cetelem sur l’opinion publique dans différents pays face au Diesel Gate.

 

http://observatoirecetelem.com/wp-content/themes/obs-cetelem-V3/publications/2017/observatoire-cetelem-automobile-2017.pdf

On peut constater que les pays les moins affectés par ce scandale sont des pays européens. En effet, l’Allemagne affirme à 59 %, la Pologne à 60% et  la France à 52%, que les récents scandales automobiles n’influencent pas leur choix lors d’un achat de voiture. En revanche, le phénomène n’est pas perçu de la même manière par certains pays du continent américain, ils considèrent que ce scandale peut les conduire à ne pas acheter les marques concernées (57% Brésil, Mexique) ou que ce scandale n’aura quasiment pas d’impact lors d’un achat futur (51% États-Unis). Il devient alors judicieux de vérifier si ces opinions ont un réel effet sur les ventes de Volkswagen. En effet, les valeurs de cette étude sont à prendre avec des pincettes, notamment à cause de la tournure des questions qui doit certainement orienter les réponses.

Le graphique suivant montre l’évolution entre 2015 et 2016 du chiffre d’affaire du constructeur allemand par région.

 

https://www.statista.com/study/15785/volkswagen-statista-dossier/

On constate que malgré les péripéties vécues par la marque, son chiffre d’affaires européen a considérablement augmenté et témoigne du faible impact de cette affaire sur les ventes du groupe et va dans le sens de l’étude Cetelem. Concernant les chiffres nord-américains, on constate une stagnation comme le montraient les statistiques du premier graphique. Or, les chiffres sud-américains montrent une récession. En ce qui concerne l’Asie, le premier graphique témoigne d’une réticence (63% de la pop. chinoise) à l’achat d’un véhicule de la marque, le chiffre d’affaires réalisé en Asie étant en légère baisse. On rappelle tout de même que la croissance du marché de l’automobile en Chine est très prononcée, permettant très certainement à Volkswagen de réaliser un bon nombre de ventes. De plus il est important de préciser que ces comparaisons restent hypothétiques. Beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu dans la détermination des ventes d’une entreprise.

 

https://www.statista.com/study/15785/volkswagen-statista-dossier/

Si l’on se fie à ce graphique, on constate que la marque Volkswagen a subi une baisse considérable de son chiffre d’affaires entre 2015 et 2016, or les nombreuses marques commercialisées par Volkswagen Group, telles que Audi, Porsche, Skoda et Seat ont subi une augmentation de leur volume de ventes. On peut alors supposer, de manière hypothétique, que la confusion entre Volkswagen Group et la marque Volkswagen avantage Audi, Seat et Skoda. Certes, le groupe a affirmé que  les nombreux types de véhicules qu’il commercialise ont aussi fraudé, mais ces annonces ont été beaucoup moins médiatisées. De plus lorsqu’elle l’étaient, c’était sous le nom du Groupe Volkswagen.

 

Un engagement  dans le domaine électrique

 

http://news.autoplus.fr/Volkswagen/I.D/Volkswagen-I.D-Concept-Voiture-electrique-Detroit-2017-1511722.html

 

Alors que Volkswagen tente de se relever de sa chute de septembre 2015, ses dirigeants ont trouvé un moyen de surmonter l’obstacle du Dieselgate. Voici la Volkswagen I.D., présentée au salon de l’automobile de Paris (2016). Dotée d’une autonomie de 600 km elle ne dégage aucunes particules. Selon  Matthias Müller, la voiture électrique serait l’avenir. Il souligne que le groupe va développer plus de 30 véhicules électriques, en espérant en vendre plus de 1 million par année d’ici 2025. C’est ainsi que Volkswagen continuera son expansion tout en jettant le “Dieselgate” aux oubliettes. Voici, le virage stratégique que le groupe entreprend de prendre à l’électrique et qui s’avérera sinueux face à ses concurrents qui ont tous bien saisi les nouveaux enjeux du moteur électrique.

 

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