FacebookTwitter

La Suisse est-elle prête à se passer de centrales nucléaires?

le dimanche 29 janvier 2017 dans Articles d'élèves, Environnement, Risques | 0 commentaire

Un article de Suleekha et Ljiljana

 

atomkraftwerke-fre-35167688-data

Figure 1 : Les 5 centrales nucléaires de Suisse
http://www.swissinfo.ch/fre/politique/votation-fédérale-du-27-novembre_les-jours-des-centrales-nucléaires-suisses-sont-ils-comptés-/42492440

 

Le 27 novembre 2016 ont eu lieu les votations concernant l’avenir du nucléaire en Suisse. Cette initiative populaire « Sortir du nucléaire » a été refusée à 54,2%. Celle-ci avait pour but la mise en arrêt des centrales nucléaires âgées de plus de quarante-cinq ans et l’interruption dans un délai d’un an de celles qui avaient déjà dépassé cet âge.

Malgré le rejet de l’initiative, la Suisse devra un jour ou l’autre se défaire de ses centrales nucléaires afin de réduire le risque d’accidents qui engendreraient de potentiels problèmes environnementaux et dans le but d’accorder plus de place au développement des énergies renouvelables.

Est-elle prête à faire face aux difficultés engendrées par ce changement ?

 

Sans titre

Capture d’écran 2017-01-29 à 18.25.15

Figure 2a et 2b :  Les résultats de l‘initiative populaire.
https://www.letemps.ch/suisse/2016/11/27/linitiative-sortir-nucleaire-refusee-un-petit-rostigraben
https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/votations/20161127/initiative-sortir-du-nucleaire.html

 

Les résultats montrent que l’initiative a été rejetée à 54,2 %. Selon le journal Le Temps : «  Seuls les cantons de Genève, Neuchâtel, le Jura, Vaud Bâle-Ville et Bâle-Campagne ont soutenu le texte ». Il est étonnant de constater que le canton de Berne (où est située la centrale de Mühleberg) ainsi que le canton de Soleure (qui abrite celle de Gösgen) et le canton d’Argovie (où se trouvent la centrale de Leibstadt ainsi que Beznau I et Beznau II) s’opposent à l’initiative. Les centrales constituent une source de revenu pour les trois cantons précédemment cités. Cette raison expliquerait pourquoi ils ont refusé l’initiative.

Des cantons romands éloignés géographiquement des centrales nucléaires ont quant à eux soutenu l’initiative. Cela met en évidence des opinions opposés entre la plupart des cantons alémaniques et romands même si des cantons comme Bâle-Ville et Bâle-Campagne font l’exception.

 

Sans titre2

Figure 3 « Transition énergétique 2050 » http://www.manifeste-energie.ch

 

La stratégie énergétique 2050 a pour but de réduire progressivement la dépendance de la Suisse face à ses importations d’énergie, la réduction de l’utilisation de l’énergie nucléaire et la sûreté des centrales nucléaires.

Le graphique ci-dessus montre que la Suisse a pour projet de doubler les énergies renouvelables d’ici 2050 en utilisant de nouvelles énergies comme la géothermie tout en réduisant de moitié sa consommation d’énergie totale.

Un vote sera soumis en 2017 aux citoyens suisses afin de savoir si la Suisse se lance ou non dans un tel challenge. Cette votation, si elle est acceptée, aura comme conséquence une révision de la loi sur l’énergie.

 

Sans titre3

Figure 4 : Comparaisons avec le monde

 

La Suisse et ses centrales nucléaires âgées est un pays où un accident nucléaire serait plutôt causé par des problèmes techniques dus au vieillissement de l’équipement. Les quatre centrales suisse sont toutes plus anciennes que la moyenne mondiale. La différence évidente entre la durée de service en années des réacteurs nucléaires suisses et ceux du reste du monde est justifiée par la construction récente de centrales dans des pays comme la Chine. Ces centrales débutant leur service font donc baisser la moyenne.

Ainsi, la Suisse devra porter une attention particulière au traitement de ses anciennes centrales si elle devait sortir du nucléaire.

Cette vidéo qui explique étape par étape le démantèlement d’une centrale nucléaire (https://www.youtube.com/watch?v=Plhyu03pcns):

 

Démanteler une centrale nucléaire est un processus long, dangereux et très coûteux. Il ne s’agit là pas d’une simple déconstruction mais bien d’un démantèlement individuel de chaque pièce de la centrale. Il faut prendre en compte la différence de traitement entre l’équipement non contaminé et les éléments radioactifs. En effet, les pièces radioactives, comme le noyau du réacteur, doivent d’abord être décontaminées avant d’être découpées.

Il faut se débarrasser des substances très radioactives qui prennent, parfois, des centaines de milliers d’années à se décomposer. Ainsi, le démantèlement de ces institutions se fait en trois temps, ce qui peut durer jusqu’à cent ans

Sans titre4

Figure 5 : Étapes du démantèlement des centrales nucléaires

http://askmedia.fr/blog/ask-media-pour-le-parisien-magazine-comment-se-deroule-le-demantelement-dune-centrale-nucleaire/

 

Figure 6 : Différents déchets

https://youtu.be/th8SIpknVHM?t=19m15s

 

Les déchets radioactifs sont classés selon l’intensité de leur radioactivité et leur durée de vie

– Les TFA (Très Faible Activité)

– Les FMA (Faible et Moyenne Activité)

– Les MAVL (Moyenne Activité à Vie Longue

– Les HAVL (Haute Activité à Vie Longue)

Les HAVL sont difficiles à stocker puisqu’elles ont besoin de plus de 500’000 ans pour ne plus être radioactives. Le véritable problème est la sécurité. S’il est désormais possible de stocker ces matériaux, la question de la sécurité est primordiale. Nous ne somme pas à l’abri d’une catastrophe naturelle qui mettrait en péril la vie de milliers de personnes.

 

Conclusion

Pour conclure, la Suisse serait capable de faire face aux difficultés engendrées par l’arrêt progressif de l’utilisation de l’énergie nucléaire, cependant il est nécessaire de porter une attention particulière à la sécurité lors du démantèlement ainsi que la substitution de l’énergie nucléaire par les énergies renouvelables.

La Suisse a les capacités de gérer une sortie graduelle du nucléaire. Elle en a les moyens financiers et techniques et elle doit mettre en priorité la sécurtié de sa population ainsi que sa faune et sa flore.

Rédiger un commentaire