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La Suisse est-elle prête à se passer de centrales nucléaires? (2)

le dimanche 29 janvier 2017 dans Articles d'élèves, Environnement, Risques | 0 commentaire

Un article de Tesfaye et Raphaël

Le 27 novembre, le peuple suisse a voté sur l’initiative « Sortir du nucléaire » lancée par Les Verts. Celle-ci a été rejetée à 54,2 %. Les Suisses ne veulent donc pas précipiter une sortie du nucléaire. La Confédération helvétique attendra donc aux alentours des années 2035 pour sortir complètement du nucléaire. De ce fait, la population et le gouvernement suisse ont donc le temps de prévoir cette sortie de manière plus progressive et éviteront des pertes économiques d’envergure ce qui était un des deux grands arguments des opposants, avec le fait que les énergies renouvelables ne sont pas encore prêtes à combler le manque dû au renoncement à l’énergie atomique.

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https://www.rts.ch/info/suisse/8196569-les-suisses-refusent-de-precipiter-la-fermeture-des-centrales-nucleaires.html

 

Après les incidents très graves provoqués par un séisme ainsi qu’un tsunami qui ont touché les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima, toute la région a été irradiée avec de lourdes conséquences.

En Suisse, le nucléaire est la deuxième source d’électricité après l’hydraulique avec une part de 33.5%. Le pays compte 5 réacteurs dans 4 centrales nucléaires. Les opposants et le parti politique des Verts revendiquent et veulent interdire l’exploitation des centrales nucléaires de plus de 45 ans. Les centrales helvétiques font partie des plus vieilles du monde, principalement celles de Beznau 1 qui date de 1969 et Beznau 2 de 1971 alors que Beznau 1 était initialement prévu que pour 40 ans, donc jusqu’en 2009. Le but est donc d’une sortie progressive du nucléaire.

L’initiative prévoyait d’arrêter donc trois centrales sur les cinq dès 2017. Comment faire pour pallier l’approvisionnement en électricité ?

La vidéo de la RTS, « Comment sortir du nucléaire et assurer l’approvisionnement électrique? » propose plusieurs solutions. Ainsi, nous pourrions par exemple avoir recours aux importations, beaucoup plus miser à long terme sur les énergies renouvelables et plus simplement réduire notre consommation d’électricité.

 

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http://www.rts.ch/info/suisse/8133950-comment-sortir-du-nucleaire-et-assurer-l-approvisionnement-electrique-.html

 

Les risques et inconvénients du nucléaire en Suisse

La sécurité des centrales en Suisse est très contrôlée. Principalement par l’inspection fédérale de la sécurité nucléaire (ISSN). Dès qu’un problème survient, la centrale est mise à l’arrêt temporairement. C’est le cas du réacteur de la centrale de Beznau 1 qui est fermé depuis mi-2015 et de la centrale de Leibstadt qui est en révision. Les contrôles nous rassurent et nous montrent que le secteur nucléaire est bien surveillé. Mais le fait que deux des cinq centrales nucléaires suisses soient fermées peut être perçu comme inquiétant, d’autant plus qu’elles sont anciennes et que la Confédération autorise une exploitation illimitée tant qu’elles ne présentent aucun risque et remplissent les normes de sécurité et de fonctionnement. Alors qu’en France les réacteurs sont arrêtés en moyenne, après 30 ans d’exploitation.

Mis à part les questions de sécurité, la production d’énergie nucléaire génère des déchets radioactifs traités par le centre de stockage intermédiaire de Zwilag (qui a d’ailleurs couté 500 millions pour la construction). Le lieu de stockage définitif des déchets n’a pas encore été fixé, comme l’indique le site kernenergie.ch:

La recherche d’un site d’implantation pour ce dépôt en couches géologiques profondes est maintenant liée à des aspects d’aménagement du territoire et à des considérations d’ordre socio-politique. Les exigences en matière de sûreté géologique restent cependant le facteur décisif. Il est prévu que le dépôt de stockage final soit mis en service entre 2040 et 2050 – c’est-à-dire au terme de la période de refroidissement des assemblages combustibles usés produits par les centrales nucléaires suisses et des déchets vitrifiés hautement radioactifs issus du retraitement d’assemblages combustibles au centre Zwilag.

Beaucoup de personnes sont favorables à cette production d’énergie mais peu acceptent que ces déchets soient entreposés près de chez eux.

Miser sur les énergies renouvelables

Actuellement, la part des énergies renouvelables, hors hydraulique, représentent 4.3% de la production d’électricité en Suisse.

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Il faudrait donc promouvoir le renouvelable et investir d’avantage dans le solaire, l’éolien, le biomasse et le bois. Il y a pour le moment de nombreux projets solaires qui sont en attente (plus de 40’000). Par conséquent, la sortie programmée du nucléaire stimulerait l’utilisation de notre fameux soleil. Une autre possibilité est de rehausser les barrages afin d’obtenir une plus grande capacité de stockage de l’eau. Les projets d’installation d’éoliennes sont beaucoup plus contestés que le relèvement des barrages et le photovoltaïque. Par contre, ces solutions ont des limites.

Une troisième solution est d’économiser l’électricité. L’office fédéral de l’énergie estime pouvoir réduire la consommation d’électricité de 24,4 TW/h d’ici 2050. Nous sommes actuellement en 2015 à une consommation de 58.2 TW/h. (http://www.bfe.admin.ch/themen/00526/00541/00542/00631/index.html?lang=fr&dossier_id=00867).

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http://www.bfe.admin.ch/themen/00526/00541/00542/00631/index.html?lang=fr

 

Le refus de l’initiative a grandement été motivé par la peur de voir les entreprises du nucléaire demander à être dédommagées par la Confédération. Il faut noter que la Confédération leur a déjà accordé deux fois des indemnisations. Une entreprise comme Axpo aurait pu demander 4 milliards de dédommagement si l’initiative avait été acceptée. (http://www.bilan.ch/economie/axpo-demanderait-4-milliards-cas-de-sortie-nucleaire)

Nous avons pu voir à travers la décision du peuple que la peur de manquer d’électricité a été plus forte que la peur du nucléaire. C’est pourquoi le non l’a emporté. Le nucléaire continuera de fonctionner et de nous approvisionner en attendant la mise en oeuvre du plan de la stratégie énergétique 2050.

 

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