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Séismes en Italie: peut-on prévenir la destruction des villages?

le dimanche 22 janvier 2017 dans Articles d'élèves, Environnement, Risques | 0 commentaire

Un article d’Alexandre A.

Pourquoi rien ne semble être fait en Italie pour protéger les villages et les bâtiments historiques des tremblements de terre ?

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© Filippo Monteforte, AFP | Le séisme qui a frappé le centre de l’Italie, dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 août 2016, a fait plusieurs dizaines de morts.
http://www.france24.com/fr/20160824-italie-seisme-diaporama-images-villages-devastes-accumoli-amatrice-arquata-del-tronto

Pour comprendre cela je me suis posé les questions suivantes : Qu’est-ce qu’un tremblement de terre ? Pourquoi l’Italie est plus touchée que d’autres pays d’Europe? Pourquoi ce que font les Japonnais ne fonctionne pas en Europe ?

Villages complétement détruits en Italie
Les derniers séismes en Italie des 25 et 26 octobre 2016, ou d’autres qui ont eu lieu avant, ont fait beaucoup de dégâts matériels. D’autres ont fait malheureusement des centaines de morts, comme celui du 24 août à Amatrice au nord de Rome.
http://www.france24.com/fr/20160824-italie-seisme-diaporama-images-villages-devastes-accumoli-amatrice-arquata-del-tronto

Située à quelques 600 mètres d’altitude, Ussita est l’une des localités où le séisme a été le plus fortement ressenti. La route sinueuse qui y mène était jonchée de gravats et de rochers tombés de la montagne. Certains bâtiments étaient éventrés, d’autres totalement écroulés, la façade de l’église est à terre, mais aucun blessé n’est à déplorer. «Le séisme a été très fort, apocalyptique, les gens hurlaient dans les rues, il n’y avait pas de lumière. Notre village est fini», se désole le maire Marco Rinaldi.
Il faut en premier définir ce qu’est un tremblement de terre et comment il se déclenche.

Qu’est qu’un tremblement de terre ?
Comme le dit Jean-Jacques Wagner du Département des sciences de la Terre, UNIGE, lors d’un reportage de la RTS Découverte le 4 avril 2014, les tremblements de terre sont des phénomènes tout à fait communs. Même si on ne les ressent pas tous les jours.

http://www.rts.ch/play/tv/redirect/detail/5748168

La surface de la terre est composée d’une dizaine de plaques principales qui se déplacent les unes par rapport aux autres. La croûte terrestre est constituée de plusieurs grandes plaques qui évoluent les unes par rapport aux autres : certaines s’écartent, d’autres convergent, et d’autres coulissent. Environ 90% des séismes sont localisés au voisinage des limites de ces plaques. (http://www.futura-sciences.com/planete/definitions/structure-terre-seisme-3657/)

On peut voir sur cette carte (source : http://www.risquesmajeurs-hautes-pyrenees.pref.gouv.fr/public/page.php?id=3&id2=3) que l’Italie se situe sur une limite de plaque tectonique. Pas étonnant donc, qu’il y ait autant de tremblements de terre !

zoom_plaques

Les séismes en Italie, 2000 ans d’histoire
Cette carte présente une liste non exhaustive de séismes dans la péninsule italienne depuis l’Antiquité, chaque cercle représente un tremblement de terre et la taille est proportionnelle à sa magnitude. Nous avons retenu ceux dont la magnitude est supérieure à 4. (http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/08/24/seisme-en-italie-deux-mille-ans-de-seismes-dans-la-peninsule-italienne_4987382_4355770.html)

Capture d’écran 2017-01-22 à 21.44.22

 

Que faire pour éviter ces destructions ?

25 août 2016 – Entretien avec Alessia Maggi, sismologue à l’Institut de physique du globe de Strasbourg (IPGS).
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160825.OBS6875/italie-rien-ne-pouvait-faire-penser-qu-un-seisme-allait-se-produire.html

La question se pose lorsque l’on voit le nombre de victimes : l’Italie est-elle préparée correctement ?

– Comme tout pays peut l’être. L’Italie a l’un des meilleurs réseaux sismologiques d’Europe, et un excellent centre de recherches, l’Institut national de géophysique et de vulcanologie, avec énormément de chercheurs. Il y a aussi la protection civile, préparée à ce genre de problèmes. D’un point de vue technique, les Italiens ont tout ce qu’il faut. Ce qu’il manque peut-être, c’est le temps et l’argent pour rénover les bâtiments, les mettre aux normes antisismiques. Mais il faudrait 100 ans et combien de fois le budget national ?

Le séisme (celui du 24 août 2016) a provoqué énormément de dégâts. Des villages ont été rasés. Est-ce normal pour un séisme de magnitude 6,2 ?

– Tout dépend de la vulnérabilité des bâtiments et de leur exposition aux mouvements du sol. Une magnitude de 6,2, c’est tout de même assez violent. Au milieu d’un désert où personne n’habite, il n’y aurait pas eu de dégât. Dans une région habituée aux séismes, comme le Japon, il n’y aurait pas eu non plus autant de dommages, car les constructions sont faites pour supporter les secousses. La quantité de dégâts ne dépend donc pas que de la force du séisme. En Italie, beaucoup de villages sont très anciens, certains datent du Moyen-Age et n’étaient pas à même de résister. Il est souvent très difficile de commenter ce genre de situation, car il y a d’un côté les destructions, et de l’autre le coût et la difficulté pour tout restructurer aux normes antisismiques.

Mis à part le problème des bâtiments, le président italien du Conseil national des géologues, Francesco Peduto, a déploré l’absence de culture de prévention dans le pays. Qu’en pensez-vous ?

– Je peux comprendre ce commentaire. On se dit toujours après coup ‘Qu’est-ce qu’on aurait pu faire ?’. On ne parle pas suffisamment du risque sismique dans les écoles, ou alors seulement après les gros événements. Si les enfants apprennent comment réagir, ils apprennent à leurs parents : se protéger sous un meuble solide, se tenir loin des fenêtres et de tout ce qui peut tomber, puis après la secousse sortir des bâtiments et en rester le plus loin possible. Mais le problème est le même en France avec les inondations : ce sont très souvent les mêmes zones, les mêmes problèmes, et très souvent on regrette le manque de préparation. C’est le problème commun à toutes les catastrophes naturelles. On a tendance à vivre sans penser aux risques, pour ne pas vivre dans le stress.

 

En résumé : Les séismes, qu’ils se passent en Italie, au Japon ou ailleurs sont une fatalité. On peut mesurer leur magnitude et les dégâts qu’ils ont causés, mais on ne peut pas les prévenir.

On peut construire des maisons et des bâtiments plus sûrs, mais on ne peut pas protéger les constructions historiques qui datent du moyen-âge ou avant. On peut faire des campagnes de sensibilisation, mais peut-on sauver des vies ?

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