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L’or blanc en perdition: pourrons-nous encore skier à Noël ?

le vendredi 17 mars 2017 dans Articles d'élèves, Environnement, Société | 0 commentaire

 Un article de Delphine

La Suisse est connue pour son air pur, son chocolat, son fromage et ses monts enneigés. Mais aujourd’hui, ce dernier mythe pourrait bien changer…

Fin 2016, les amateurs de ski ont regardé le ciel avec impatience en attendant les premiers flocons sur les Alpes pendant une période étonnamment longue. A part les quelques chutes de la mi-novembre, le froid s’est fait sentir, mais la neige ne l’a pas accompagné. Son arrivée si tardive déçoit les skieurs et inquiète les climatologues, car à cause du réchauffement climatique, les températures moyennes de l’air augmentent. Nous avons deux degrés de plus qu’il y a 100 ans ! Et, comme dans les régions alpines l’élévation de température est plus forte en moyenne que dans les régions de plaine, elles seront plus touchées par le réchauffement climatique. La pluie est alors plus fréquente que la neige à une altitude allant de 1’200 à 2’000 mètres. Au-dessus de cette altitude, la diminution de l’enneigement, bien que réelle, est moins marquée. (sources : meteofrance.fr, 24heures.ch)

http://www.meteosuisse.admin.ch/home/climat/actuel/tendences-climatiques/la-temperature-moyenne-suisse.html

http://www.meteosuisse.admin.ch/home/climat/actuel/tendences-climatiques.html

En Suisse, le changement climatique a pour conséquence une augmentation des extrêmes météorologiques : les précipitations et le risque de sécheresse s’intensifient. Cependant, comme noté ci-dessus, si ces précipitations sont plus nombreuses, elles tombent d’avantage sous forme de pluie que de neige, jusqu’en altitude. Quant à l’exceptionnellement longue période de foehn que le Nord des Alpes a traversé du 20 au 24 novembre 2016, elle balayé la neige déjà tombée, asséché les sols et chassé les nuages qui auraient permis de nouvelles précipitations.

En effet, le 3 janvier 2017, la climatologue Martine Rebetez nous dit que « la présence d’une masse d’air de haute pression [appelée « patate anticyclonique » par les météorologues] au-dessus de la Suisse empêche l’arrivée de précipitations. Elle bloque toutes les perturbations alentour qui doivent contourner notre pays. » Un coup dur pour les stations et les skieurs. (sources : 24heures.ch, letemps.ch, letemps.ch, letemps.ch (3 articles différents))

 

Un coup de canon (à neige)!

Cependant, pour beaucoup de Suisses, skier à Noël est culturel et incontournable. Mais comment faire sans neige ? En hiver 2014 déjà, 40% des pistes suisses étaient enneigées artificiellement par des canons à neige afin de satisfaire la demande des touristes. L’impact écologique de cette technique est très important : elle est extrêmement gourmande en eau (environ 18 millions de m3 d’eau par année, soit l’équivalent de la consommation de 140’000 ménages), en énergie (environ 60 millions kWh, soit l’équivalent de la consommation de 11’000 ménages) et en argent (coûts d’exploitation annuels pour la préparation par l’enneigement artificiel d’un kilomètre de piste se situant entre 50’000 – 70’000 francs). Ces énormes dépenses en eau et en électricité utilisent des ressources naturelles, et contribuent donc, dans une certaine mesure, au réchauffement climatique, quel paradoxe !

Pourtant, certains directeurs de stations n’ont pas fini d’investir dans la neige artificielle, surtout en période de Noël qui représente 20% de leur chiffre d’affaires ! Par exemple, les stations de Nendaz et Veysonnaz annoncent fièrement leurs 7,5 millions de francs investis dans 53 nouveaux canons et plusieurs kilomètres de pistes enneigées artificiellement pour la saison de ski 2016-2017.

(sources : google.ch, rts.ch, 24heures.ch, nvrm.ch)

 

Quelles solutions?

Quel avenir est réservé aux hivers suisses ? Comment réagir face à un hiver de plus en plus capricieux où la neige tarde à pointer le bout de son nez ? L’envie de skier peut-elle justifier les sacrifices environnementaux qu’entraîne l’enneigement artificiel, ou devons-nous nous tourner vers d’autres activités hivernales ?

 

Pour certains propriétaires de stations de ski, le recours aux canons et tuyaux à neige paraît inévitable pour maintenir leur chiffre d’affaires. Mais malgré leurs efforts, entre le début de la saison et fin décembre 2016, les stations suisses ont accueilli en moyenne 12,6% de personnes en moins à cause de la quantité insuffisante de neige pour faire de bonnes pistes. (source : 24heures.ch)

 

 

Face à cette réalité, certaines stations d’altitude intermédiaire ont fait preuve de créativité et mis sur pied des activités pour lesquelles la neige n’est pas indispensable, comme la location de trottinettes ou de VTT, des pistes de luge d’été et du patinage sur des lacs de montagnes gelés. Villars propose même un skatepark et un pumptrack (successions de bosses et virages) couverts, du fatbike (vélo à gros pneus légèrement dégonflés) sur neige et sur herbe, ou encore chiens de traîneau à roulettes !

Ces sports et activités innovants, ainsi que les majestueux paysages montagneux, l’air frais, une terrasse de restaurant et un chocolat chaud ou une bonne raclette comblent ainsi les attentes de touristes de plus en plus nombreux. (source : 24heures.ch)

 

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