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L’inversion de la courbe du chômage en France, une promesse utopique ?

le mardi 9 mai 2017 dans Articles d'élèves, Société | 0 commentaire

Un article d’Adriano et Abinan

 

En date du 9 septembre 2012, le président François Hollande prononce au 20 Heures de TF1 son vœu d’inverser la courbe du chômage en un an.

 

 

Le président est déterminé à tenir sa promesse, mais était-ce utopique de sa part de vouloir inverser la courbe du chômage en France ?  A-t-il atteint son objectif? Quelles sont les prévisions pour le prochain quinquennat ?

Tout d’abord, pourquoi existe-t-il des variations de la courbe du chômage ? Simplement, si l’activité économique subit un ralentissement, les revenus vont également diminuer et cette baisse causera une baisse de la courbe de demande, ce qui entraînera une diminution du niveau de production et d’activité des entreprises. Si les entreprises produisent moins à cause de la baisse de la demande, l’emploi régresse et donc la courbe du chômage a tendance à augmenter.

Diminuer le taux de chômage est une promesse essentielle pour les candidats à la présidentielle. François Hollande avait annoncé 9 mesures pour combattre le fort taux de chômage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré la bonne volonté de François Hollande avec ces neuf mesures, la courbe du chômage ne s’est pas inversée comme prévu par le président, au contraire, elle n’a cessé d’augmenter dans la catégorie A des chômeurs. La catégorie A représente les « demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi » (Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%B4mage_en_France).

Le dispositif de l’aide à l’embauche, abordé par Hollande dans sa première mesure pour inverser la courbe du chômage, a été efficace à court terme (6 mois de succès), néanmoins, si ce dispositif avait été poursuivi dans les 3 ans suivants, il en aurait coûté 2 milliards d’euros à la finance publique, c’est pourquoi cela n’a pas été réalisé en raison de la lourde dépense occasionnée.

(Voir : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/08/23/20002-20160823ARTFIG00012-aides-a-l-embauche-une-efficacite-en-trompe-l-oeil.php et http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/06/02/20002-20160602ARTFIG00011-le-dispositif-embauche-pme-de-hollande-cartonne.php)

En décembre 2012, le président a décidé de repousser la date butoir de 3 mois, tout cela assez discrètement.

 

Septembre 2013, les résultats sont nets : François Hollande a échoué. Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics, relativise cet échec en affirmant qu’il faudra attendre la fin de l’année pour se prononcer et insiste sur une inversion de la courbe du chômage durable et non temporaire. En décembre 2013, Hollande avoue son échec, mais souligne une stabilisation, néanmoins, cela ne lui suffit pas.

En juin 2014, le nouveau ministre du travail, François Rebsamen affirme vouloir stabiliser la courbe du chômage sous la barre des 10% avant la fin de l’année, une fois de plus c’est un échec puisque les chiffres montent à 10.5%. Cette nouvelle désillusion est un coup dur pour le gouvernement de Hollande.

En 2015, Rebsamen réitère sa promesse et obtient gain de cause finalement. Le chômage est passé de 10.5% à 10.2%. Retrouver la courbe du chômage de 2012 serait une excellente chose pour le gouvernement et la France, toutefois, le président est conscient que cela ne sera pas réalisable. Son objectif pour la fin de son mandat est de stabiliser au maximum la courbe.

En date du 1er décembre 2016, François Hollande décide de ne pas se représenter aux élections présidentielles de 2017. Cette décision peut surprendre de nombreuses personnes, cependant, il avait affirmé, lors d’une visite en 2014 dans une usine Michelin, que si la courbe du chômage ne s’inversait pas, il ne se représenterait pas pour les élections. Voici enfin une promesse que le président tient avec succès !!

Le nombre de chômeurs a augmenté d’un peu plus de 600’000  personnes entre 2012 et 2016. La promesse du président au début de son mandat n’est donc bel et bien pas tenue. Toutefois, la fin du quinquennat du président est marquée par une petite victoire. En effet, depuis le début de l’année 2016, le nombre de chômeurs a diminué de 2,08 %, ce qui correspond à un peu plus de 70’000 personnes. Cette baisse doit très certainement faire du bien au moral du futur ex-président français après tant d’échecs.

François Hollande va quitter l’Elysée et laissera place au nouveau président de la République. Malgré l’opinion publique, son mandat n’a pas été aussi noir que celui de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, au niveau de la courbe du chômage. Nicolas Sarkozy n’a pas pu contenir le taux de chômage, tandis que Hollande a réussi à faire stagner plus ou moins cette courbe.

 

En comparaison internationale, la France se place deuxième derrière l’Italie, à 0.5% environ.

 

L’Unedic est une association chargée de la gestion de l’assurance chômage en France, en coopération avec Pôle emploi.. Cette association prévoit une légère hausse du chômage sous l’effet du Brexit et de la stabilisation des contrats aidés. En ce qui concerne le taux de chômage, il passerait de 9,6 % en 2016 à 9,4 % en fin d’année. Il remonterait ensuite à 9,5 % fin 2017, puis stagnerait en 2018 et atteindrait de nouveau 9,6 % de la population active à la fin 2019.

Ces variations sont dues à un « ralentissement de la croissance », à cause des incertitudes liées au Brexit. (Voir : http://www.lemonde.fr/emploi/article/2016/09/20/l-unedic-prevoit-une-nouvelle-hausse-du-chomage-en-2017_5000707_1698637.html et https://fr.wikipedia.org/wiki/Un%C3%A9dic)

Ces prévisions sont restent incertaines puisque nul ne peut réellement prédire l’évolution de la courbe du chômage en France.

 

Le nouveau président Emmanuel Macron a proposé lors de sa campagne des systèmes « universels » pour le chômage et la retraite (Le Monde, citant Le Parisien):

« On sort d’un système d’assurance financé par les cotisations pour aller vers un système universel financé par l’impôt et ouvert aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux indépendants, aux professions libérales, et aussi aux salariés qui démissionnent, dans la limite d’une fois tous les cinq ans ».
« Je proposerai un système universel d’indemnisation du chômage et aussi un système universel de retraite, plus transparent, plus efficace », a-t-il déclaré devant la presse jeudi. Emmanuel Macron souhaite en effet mettre fin aux régimes spéciaux de retraites, avec une harmonisation progressive des règles pour une « vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé ». M. Macron toutefois a souligné qu’il ne « proposerait pas de modifier l’âge légal de départ à la retraite » et que le montant des pensions resterait inchangé.

L’avenir dira si le projet de M. Macron sera plus efficace que celui de son prédécesseur…

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