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Quelle est l’influence des médias sur l’image des politiciens?

le lundi 29 mai 2017 dans Articles d'élèves, Photographie, Société | 0 commentaire

Un article de Josquin et Aditya

 

Depuis que l’affaire d’emplois présumés fictifs de la femme de François Fillon a éclaté, le candidat pour les élections présidentielles s’est dit « victime du tribunal médiatique ». En effet il a depuis, reçu d’autres accusations concernant un détournement de fonds. Son avenir politique et sa réputation ont été compromises par les médias qui s’acharneraient sur lui. Les médias ont une forte influence sur l’opinion publique et peuvent influencer la politique dans une démocratie. On parle parfois de quatrième pouvoir – après le législatif exécutif et judiciaire. Cet article va s’intéresser au journalisme numérique qui peut rapidement avoir un impact médiatique considérable dû à la facilité de partage sur internet.

Sur Facebook, des journaux comme Osons causer ou Mediapart ont peu d’abonnés et de publications comparés à d’autres comme BFMTV ou le Figaro, mais ont par contre autant de partages pour leurs vidéos ou articles que ces derniers. Ils ont donc un large impact sur les réseaux sociaux. Comme le montre Libération,

Notre enquête montre que des médias de référence de la fachosphère, comme le russe RT France ou le site animé par d’anciens cadres du FN TV Libertés, font jeu égal avec des producteurs d’information éprouvés tels que France Info (le média commun de France Télévisions et Radio France), Ouest-France ou Libération. […]
Outre qu’il y a sur Facebook un effet boule de neige lorsqu’il s’agit de vidéos, la viralité semble favorisée par la nature engagée, polémique, dénonciatrice, partisane ou militante des publications. L’exigence de neutralité et d’équilibre, normalement à la base des pratiques journalistiques des médias classiques, paraît être à leur désavantage sur la plateforme. Cette règle est confirmée par les sujets traités dans les posts les plus partagés : sept d’entre eux sont liés au thème de la corruption et trois respectivement à Donald Trump, l’affaire Fillon ou l’affaire Théo. En clair, plus c’est houleux, plus ça tourne.

 

Certains articles de sites indépendants s’inspirent de ces méthodes de diffusion qui sont parfois même plus efficaces que celles des médias plus traditionnels comme BFMTV ou Libération. Prenons l’exemple du site pause people qui relaye des informations qui discréditent François Fillon.

 

 

Les revenus engendrés par la publicité sur le site permettent de rémunérer le propriétaire – un indépendant. Le revenu étant proportionnel aux nombre de clics, l’article doit attirer un maximum de public. La rédaction privilégie l’intérêt financier et non l’information objective, même si les faits sont objectifs et vérifiables, leur interprétation n’est pas neutres et influence le lecteur. Idéalement, un article de journal ne devrait pas avoir pour but de manipuler le lecteur mais le pousser à réfléchir. L’article de pause people illustre la tactique commerciale de certains médias qui est d’utiliser un sujet viral pour augmenter le nombre de clics et ainsi le revenu généré par la publicité. Les politiciens comme Fillon seraient donc des victimes de ce procédé commercial qui consiste à parler d’un sujet qui attire les internautes et le conforte dans ses opinions. L’article ne prend pas position afin de faire adhérer le plus de personnes possibles aux idées de l’article, mais en même temps arrange la réalité.

 

  

Manipulation, conspiration, dénonciation… Le fond de commerce d’une droite musclée.
L’accusation envers les médias traditionnels qui fabriquent l’opinion publique. 

 

Une autre raison évoquée pour cet acharnement des médias est de discréditer le candidat et empêcher son élection. François Fillon serait une victime désignée alors que ses opposants seraient volontairement épargnés par la presse. ce n’est pas sans rappeler les révélations pendant les élections américaines d’affaires sensibles pour les candidats des deux principaux partis, avec un traitement différencié selon le bord politique des médias.

 

Le soir du résultat du premier tour de l’élection présidentielle française, qui a vu la non-qualification de Fillon, des militants s’en sont violemment pris à la presse, responsable selon eux de la défaite de leur candidat.

La même scène vue sous un angle différent:

 

 

Prenons maintenant l’exemple du cas Paul Furlan, un ministre belge qui a démissionné de son poste en janvier 2017 pour son implication dans ‘l’affaire Publifin’ : un scandale d’emplois fictifs dans une société à Liège. Cette affaire a eu un impact médiatique négligeable par rapport à l’affaire Fillon, comme le montre le graphique ci-dessous, alors que les deux affaires se ressemblent.

Cela s’explique pour plusieurs raison : François Fillon est plus exposé à la presse de par sa candidature à l’élections présidentielle, Paul  Furlan a démissionné ce qui lui a permis un “pardon médiatique”. Mais le camp de Fillon préfère l’expliquer par le fait qu’il est le bouc-émissaire des médias et que le ministre Furlan est à l’abri de ceux-là.

 

Le scandale Publifin a eu raison de Furlan, le «Penelopegate» fait vaciller Fillon.© Photo News / EPA

 

 

Dans 24 Heures, Edwy Plenel, président et fondateur du journal numérique Mediapart, explique : “ Nous sommes au cœur de ce qui constitue la démocratie et qui est encore plus important que le droit de vote, à savoir la défense d’une information accessible à tous qui fasse preuve d’intégrité, d’indépendance, de fiabilité. Sans cette information , le citoyen est démobilisé.”
Mediapart et d’autres journaux comme Le Canard enchaîné avaient lancé des accusations contre Fillon et se défendent maintenant en disant qu’ils ne font que soutenir la démocratie en aidant les informations à se propager. Dans ce même interview, Edwy Plenel dénonce à propos de Fillon : « Cela fait depuis toujours que les dirigeants en difficulté tentent de se faire passer pour les victimes des médias en recourant aux éternels boucs émissaires ». Cette pratique serait donc une stratégie des politiciens pour éviter de faire face aux accusations. Cependant, les journalistes essaient d’être le plus objectif possible, même s’ils ont forcément une opinion et des intérêts personnels.

 

En conclusion, les médias ont une importance primordiale dans la démocratie. Ils permettent aux citoyens de s’informer sur la politique et ainsi d’exercer leur droits. Cependant, certains médias utilisent leur popularité pour influencer les élections ou pour générer du profit sans se soucier de la désinformation qu’il créent.

 

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