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L’Everest, un revenu important pour le Népal

le mercredi 1 mars 2017 dans Articles d'élèves, Environnement, Risques | 0 commentaire

Un article de Tristan

La saison 2016 de l’ascension de l’Everest s’est déroulée sans accrocs. Après quelques années difficiles avec 19 morts en 2014 dus à une avalanche et avec le tremblement de terre au Népal de 2015 qui a tué plus de 9’000 personnes, dont 19 dus à de grosses avalanches au camp de base de l’Everest, et qui a mis fin à la saison, cette année 2016 la montagne a enregistré environ 600 ascensions réussies cette année et « seulement » 5 morts.

 

Nous voyons sur ce graphique qui montre le nombre de morts et d’ascensions réussies depuis 1953 que les étrangers venus gravir la montagne représentent la majorité des morts.

Depuis 2000, il y a eu 82 morts. Ce nombre qui peut paraître élevé n’est en réalité pas si incroyable car le pourcentage de morts par sommet atteint entre 2000 et 2013 n’est que de 1.85%. Le nombre total de décès s’élève à plus de 300 morts pour plus de 7000 réussites depuis la première ascension.

Le marché généré autour de cette montagne représente près de 15 millions de dollar pour le pays et le tourisme compte pour 8.9% du PIB. 7.5% des emplois se trouvent dans ce secteur. Une expédition dite «commerciale » peut aller de 30’000$ à 80’000$ et le permis (inclus) coûte quand à lui 11’000$ si l’on tente l’ascension depuis le versant népalais.

Embouteillage sur les pentes de l’Everest!

« Il y a près de 35’000 touristes dans la région de l’Everest chaque année et l’argent qu’ils dépensent pour les guides et les permis est crucial pour l’économie du pays. L’Everest est presque devenu une  « montagne commerciale ». [Daily News]

Cependant les conditions de vie et de travail des sherpas, ainsi que les risques encourus, ne sont pas à la mesure de leur rétribution. En 2014, les sherpas ont refusé toute ascension après le décès de 16 de leurs collègues dans une voie dangereuse.

L’agence américaine International Mountain Guides, a estimé que la voie passant par la cascade glacière Khumbu, où les sherpas ont été ensevelis, était trop dangereuse pour envisager une expédition.
L’avalanche a mis en lumière les risques pris par ces guides qui transportent les tentes, apportent l’approvisionnement, réparent les échelles et fixent des cordes pour aider les alpinistes étrangers à atteindre le sommet de 8848 mètres. Les sherpas, du nom d’un groupe ethnique connu pour son aptitude aux métiers de la montagne, gagnent entre 3000 et 6000 dollars par saison mais sont mal couverts par leur assurance. Plus de 300 personnes, essentiellement des sherpas, sont morts sur les pentes du plus haut sommet du monde depuis la première ascension en 1953. Les propositions d’indemnisation du gouvernement et de couverture d’assurance n’ont jusque-là pas convaincu les sherpas. Les autorités de Katmandou veulent éviter une fin prématurée de la saison sur l’Everest qui occasionnerait d’importantes pertes financières et en termes d’image pour le Népal.
D’après Le Matin, http://www.lematin.ch/monde/asie-oceanie/nepal-negocie-tenter-sauver-saison/story/11643236

Le nombre de grimpeurs qui tentent d’atteindre le sommet augmente chaque année et, même si cela paraît avantageux pour le pays, cela peut entraîner des risques supplémentaires.

On voit sur cette image du National Geographic Magazine prise en 2012 que l’augmentation du nombre de grimpeurs conduit à des situations problématiques sur la montagne. Par exemple, un  grand nombre d’alpinistes peuvent rester coincés au même endroit, ce qui conduit à une perte de chaleur corporelle qui peut être très dangereuse à cette altitude, ainsi que des pertes de concentration qui peuvent mener à des situations dangereuses.

NBC News

Un sherpa met des restes de bonbonnes de gaz dans un sac poubelle

L’autre problème peut-être encore plus important qui découle de la popularité grandissante de la montagne est la pollution.  Les milliers de personnes qui passent chaque année au camp de base et même celles qui tentent d’arriver au sommet laissent des énormes quantités de déchets. Au camp de base, c’est plus de 5 tonnes d’excréments humains qui s’entassent avant de polluer l’eau des villages alentours et, plus haut dans la montagne, les sherpas font quelques fois des expéditions dans la « zone de la mort » (plus de 8’000 m d’altitude) pour aller récupérer les bouteilles d’oxygène abandonnées pas les grimpeurs car trop compliquées à redescendre avec l’épuisement.

Pour contrer ce problème, le gouvernement népalais à mis en place en 2014 une règle qui impose aux grimpeurs de repartir avec 8 kg de déchets en plus de leurs propres restes. Le gouvernement espère ainsi débarrasser la région de 8 tonnes d’ordures chaque année.

https://news.vice.com/article/one-year-after-deadly-disaster-climbers-are-still-leaving-shit-all-over-mount-everest

https://www.nytimes.com/2014/03/04/world/asia/climbing-mt-everest-nepal-says-bring-back-garbage.html

 

Nous voyons donc que, même si l’Everest est une bonne source de revenus, le fait qu’il y aie de plus en plus de tourisme dans cette région n’est pas entièrement positif car cela conduit à, entre autre, un amoncellement de déchets sur la montagne et des risques encore plus élevés pendant l’ascension. Malgré tout, l’argent rapporté est très important pour les pays qui se partagent « le toit du monde » et il faudrait donc mieux réguler le tourisme afin de continuer d’exploiter le sommet sans pour autant compromettre la sécurité des gens et la pureté de la nature.

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