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Les légumes secs, une solution à la faim ?

le samedi 18 mai 2019 dans Articles d'élèves, Environnement | 0 commentaire

Justine et Jessica

 

Pour surmonter le défi auquel le monde est confronté aujourd’hui, nourrir les 800 millions de personnes sous-alimentées de la planète, il faudra produire beaucoup plus d’aliments de façon durable, sûre et efficace. La consommation de légumes secs pourrait être une solution, particulièrement dans deux pays l’Inde et le Niger sur des continents où la faim est un réel problème, l’Afrique et l’Asie.

Les légumes secs sont des graines qui sont récoltées à maturité pour la consommation humaine. Riches en glucides (environ 60%) et également en protéines (environ 20%). ils sont aussi intéressants pour leurs apports en fibres et en éléments minéraux comme le fer et le calcium. Les légumineuses jouent un rôle important dans une alimentation saine et équilibrée, mais le problème est que leur valeur nutritive est mal connue et leur consommation n’est pas appréciée à sa juste valeur. Elles permettent une alimentation durable et garantissent la sécurité alimentaire. Les légumineuses sont l’une des principales sources d’aliments de haute qualité pour les animaux également, et sont essentielles à l’intensification durable des systèmes d’élevage.

L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a reconnu les onze catégories de légumes secs suivantes :

  1. Haricots secs
  2. Fèves sèches
  3. Lupins
  4. Pois secs
  5. Pois chiche
  6. Mongette
  7. Pois d’Angole
  8. Lentilles cultivées
  9. Pois de terre
  10. Vesce commune
  11. Légumineuses secondaires

 

Figure 1 : Différents légumes secs[1]

 

Le système alimentaire de l’Inde

« L’Inde présente un modèle agro-nutritionnel « traditionnel céréalier », dont les aliments caractéristiques sont les céréales et les protéagineux. L’alimentation traditionnelle est considérée comme carencée dans tous les principaux éléments nutritifs tels que les glucides, les protides, les acides gras, les vitamines et les éléments minéraux »[2]. La consommation de légumineuses en Inde varie d’une région à une autre. Les légumineuses transitent par une très grande chaîne d’approvisionnement, ce qui fait grimper le prix de détail.

L’Inde est le plus important producteur de légumineuses au monde, mais également le plus important consommateur. Elle n’arrive pas à satisfaire la demande sur son propre marché depuis les années 1970. La part exacte de légumineuses consommées en Inde n’est pas connue, mais nous pouvons imaginer que c’est une part importante. Ils consomment et produisent en majorité des haricots secs, des pois, des pois chiches et des lentilles.

 

Le système alimentaire du Niger

Une large majorité́ de la population active est engagée dans le secteur de l’agriculture – pratiquant une agriculture de subsistance -, et de l’élevage. Le secteur agricole est fortement dépendant des conditions climatiques difficiles. Les principales légumineuses consommées en Afrique sont les haricots secs, les niébés et les pois d’Angola.

Le régime alimentaire est très largement basé sur les céréales, principalement le mil qui représente à lui seul environ 78% des quantités totales de céréales consommées et 62% des quantités totales d’aliments consommés au Niger. Etant donné que la part des légumineuses est inconnue, nous pouvons tout de même nous imaginer que ce ne sont pas les aliments de préférence vu la quantité de mil qu’ils consomment.

 

Pourquoi ces deux pays ?

Nous allons voir le cas de ces deux pays parce qu’ils sont géographiquement situés sur des continents différents et qu’ils ont chacun connu des crises alimentaires, voire des famines, mais ne les ont pas résolues de la même manière. L’Inde a opté pour la Révolution verte alors que le Niger a choisi la solution du mil. Ainsi, nous allons voir les différences et ce que chacun dans son cas aurait pu faire s’ils avaient opté pour la solution des légumineuses.

 

Aspect nutritionnel

Nous allons commencer par évoquer l’aspect nutritionnel étant donné que c’est un des aspects les plus importants, puisque nous cherchons à savoir si l’Inde et le Niger peuvent éradiquer le problème de la faim grâce aux légumes secs.

Les dix principales raisons de manger des légumineuses sont les suivantes.

  1. Pauvres en matière grasse
  2. Pauvres en sodium
  3. Une bonne source de protéines
  4. Une excellente source de fibres
  5. Une excellente source de folate
  6. Une bonne source de potassium
  7. Dotées d’un indice glycémique bas
  8. Sans cholestérol
  9. Sans gluten

                                                                                                         

                                                                                                                       

Figure 2 : Légume sec cuit, teneur pour 100g[3]

 

Tout d’abord, les légumes secs possèdent des qualités nutritionnelles indéniables, car ils sont riches en fibres et en protéines ainsi qu’en vitamines et en sels minéraux tout en étant pauvres en cholestérol et en sucres. De plus, les légumes secs ne possèdent pas de gluten, ce qui permet à tous d’en manger sans aucun problème d’intolérance, ce qui n’est pas le cas du blé par exemple.

Les légumineuses contiennent deux fois plus de protéines que les céréales complètes comme le blé et l’avoine et trois fois plus que le riz. Les protéines sont importantes, car elles permettent la croissance et le développement. Il faut souligner notamment que les légumineuses sont une source de protéines qui ne contiennent pas les résidus d’hormones ou d’antibiotiques utilisés généralement dans l’élevage.

Les sels minéraux qu’on peut retrouver dans les légumes secs sont le phosphore, le calcium, le fer, le potassium et finalement le magnésium. De plus, les légumineuses ont une forte teneur en vitamines B, surtout en thiamine (B1) et en riboflavine (B2).

Les acides aminés sont la seule valeur nutritive qui manque aux légumineuses alors qu’elle se trouve dans le riz et dans les autres céréales. En combinaison avec le riz, les légumineuses peuvent résoudre le problème de la malnutrition tout en faisant la promotion d’une bonne santé. Le seul problème du point de vue nutritionnel avec les légumineuses est le fait qu’elles contiennent des composés toxiques. Ces composés sont ceux qui servent de défense à la plante contre les prédateurs.

 

Les tableaux suivants illustrent de manière précise et complète les éléments précédemment évoqués.

 

Tableau des valeurs nutritionnelles des légumes secs [4]

 

Légumes

secs

Fèves Haricots Lentilles Pois secs Pois chiches
Valeur énergétique (kcal) 340 340 330 330 330 360
Eau (g) 12 11 12 12 13 11
Protéines (g) 22 24 21 23 23 18
Lipides (g) 1,5 1,6 1,5 1,8 1,7 5
Glucides (g) 60 58 59 56 56 61
Minéral : Phosphore (mg) 350 430 400 400 380 360
Minéral : Calcium (mg) 100 140 135 60 60 150
Minéral : Fer (mg) 7 8 6,7 7 5,5 7,2
Minéral : Potassium (mg) 1000 1200 1000 930
Minéral : Magnésium (mg) 150 160 150 80 130
Vitamines B1 (mg) 1,54 0,54 0,5 0,77 0,4
Vitamines B2 (mg) 0,29 0,18 0,2 0,2 0,18

 

Tableau des valeurs nutritionnelles du blé, du maïs et du riz [5]

 

BLÉ DUR PRÉCUIT EN GRAINS (100G) EPIS DE MAÏS (100G) RIZ

(100G)

MIL (100G)
Valeur énergétique (kcal) 155 100 135 364
Eau (g) 61 75 67 12
Protéines (g) 5,1 3.4 2.5 12.5
Lipides (g) 0,7 1.5 0.9 3.5
Glucides (g) 30.4 16.4 28.7
Minéral : Phosphore (mg) 118 77 38
Minéral : Calcium (mg) 18.9 3 8.2 8
Minéral : Fer (mg) 0.7 0.5 <0.381 2.9
Minéral : Potassium (mg) 102 218 29.9
Minéral : Magnésium (mg) 28.2 26 11.4
Vitamine B1 (mg) < 0.05 mg 0.1 0.1 0.41
Vitamine B2 (mg) < 0.05 mg 0.1 0.28

 

Sur la base du constat des nombreuses qualités nutritionnelles et de l’unique défaut des légumineuses, nous allons pouvoir évaluer l’apport des légumes secs dans les deux pays, sur lesquels porte notre étude.

 

Nous commencerons par étudier le cas de l’Inde.

Nous savons que l’Inde a vécu une révolution verte qui lui a permis de sortir de la situation de famine. Grâce à cette révolution verte, l’Inde a pu produire du blé et du riz à haut rendement.

Mais si nous comparons les valeurs nutritives du blé à celles des légumes secs, nous pouvons nous rendre compte que le blé est un mauvais investissement. Ils auraient plutôt dû miser sur les légumes secs qui ont de bien meilleures qualités nutritives, ce qui aurait permis de régler le problème de la faim par une plus basse production. En effet, les légumes secs ont de meilleures qualités nutritives ; donc il en faut moins pour se nourrir. De plus, l’Inde cultivait déjà des légumineuses et ils en produisaient à grande échelle, mais ils ont préféré réduire cette culture pour se concentrer sur la culture de blé qui était la clé de la Révolution verte. L’Inde produit également du riz. Ils auraient donc dû continuer à produire du riz et remplacer la production de blé par celle des légumes secs, car en combinaison avec le riz, les légumineuses règlent le problème de la malnutrition tout en promouvant une bonne santé.

Regardons à présent le cas du Niger.

Nous savons que le mil est la base de l’alimentation en milieu rural. Les réserves en mil ne permettent toutefois pas d’assurer une alimentation suffisante.

En comparant les valeurs nutritives, on arrive au constat qu’elles sont plus élevées dans les légumineuses que dans le mil. Bien que le mil constitue déjà une bonne base nutritionnelle, les légumes secs le surpassent tout de même. Le Niger devrait produire plus de légumes secs à la place du mil, d’autant plus que les Nigérians ont de la peine à le cultiver pour diverses raisons que nous développerons par la suite.

 

Aspect environnemental

Les légumineuses ont un rôle très important à jouer dans une approche écologique de l’agriculture. Voici quelques avantages qu’elles pourraient procurer :

 

Suppression des apports d’engrais sur une culture de légumineuses

Les légumineuses n’ont pas besoin d’engrais azotés, car elles sont capables de fixer l’azote de l’air. Cette autosuffisance permet d’éviter l’émission de gaz à effet de serre et donc de lutter contre le réchauffement climatique. De plus, les légumineuses renforcent la séquestration du carbone dans le sol, ce qui est donc bénéfique pour la prochaine culture plantée sur cette même terre.

Les deux schémas ci-dessous illustrent la différence entre le mode de production des légumineuses (Fig. 3) – sans l’apport d’engrais azotés néfastes pour les sols et les prochaines cultures – et celui des autres céréales (Fig. 4).

Le fait que les prochaines cultures ne soient pas polluées d’engrais azotés constitue un énorme avantage. En effet, souvent dans les pays où la faim règne, il n’y a déjà pas beaucoup de terres cultivables. De plus, ces terres s’épuisent vite à cause des engrais d’une part et de la monoculture d’autre part. La culture des légumes secs permettrait grâce à l’absence d’engrais et à la culture de légumineuses différentes (polyculture) que les terres ne s’épuisent pas. Finalement, les nappes phréatiques ne seraient plus polluées par ces engrais azotés.

 

 

Fig. 3 : Les légumineuses : enrichisseur naturel des sols [6]                          Fig. 4 : Pollution des nappes phréatiques [7]

 

 

Meilleure structuration des sols, lutte contre l’érosion et protection de l’eau

Les légumes secs sont peu demandeurs en eau. C’est donc bénéfique pour les pays où la faim règne, puisque l’eau est un élément vital pour les agriculteurs qui cultivent des terres arides. Les légumineuses sont adaptées aux sols arides, où donc la majorité des paysans pauvres vivent. Le pois bambara par exemple est capable de pousser où rien d’autre ne pousse.

 

sprouts of kidney beans germinated in arid zone: https://fr.123rf.com/photo_25312481_pousses-de-haricots-à-germer-dans-la-zone-aride.html

Figure 5 : Pousses d’haricots à germer dans la zone aride [8]

 

Cette image montre que les haricots secs peuvent pousser dans des certaines zones arides. Les légumineuses peuvent donc être une solution à la faim dans les pays où les sols sont arides, ce qui concerne la majorité des pays, dans lesquels la faim est un lourd problème.

 

Meilleure protection de la biodiversité

Il est clair que la production agricole est en partie coupable des changements climatiques tout en étant malheureusement aussi sa principale victime. Une des solutions pour atténuer ces changements climatiques sont les légumineuses. La culture des légumes secs a aussi un effet bénéfique sur la biodiversité des sols grâce à sa capacité de fixer l’azote, ce qui permet d’augmenter la fertilité des sols. Ainsi, la culture des légumineuses augmente le rendement à venir des cultures de rotation plantées dans le même sol et diminue d’autant l’empreinte carbone de celles-ci. De plus, les légumineuses rejettent de l’hydrogène sous forme gazeuse dans la terre.

 

Voyons l’apport potentiel de ces divers avantages en Inde et au Niger :

 

Aspect économique

Les légumes secs sont des aliments très abordables en comparaison avec la viande, les produits laitiers et le poisson. De plus, ils ont une conservation stable, ce qui veut dire qu’à partir du moment, où ils sont dans un emballage étanche, ils se conserveront des années sans perdre pour autant leurs qualités nutritionnelles. Cet avantage permettrait de mettre un terme au gaspillage alimentaire. On constate que de nombreux pays qui sont dans le besoin font face à la difficulté de trouver un moyen pour conserver leurs récoltes.

De plus, comme nous l’avons mentionné plus haut, les légumineuses n’ont pas besoin d’engrais azotés. Les petits paysans peuvent ainsi faire des économies et éviter de s’endetter tout en espérant de meilleures récoltes qu’avec des cultures céréalières traditionnelles. Certaines légumineuses comme les haricots secs, par exemple, se vendent généralement quatre fois plus cher que certaines céréales. Cela assure donc non seulement une certaine sécurité alimentaire, mais aussi un petit revenu aux agriculteurs. En outre, les légumineuses ne connaissent pas de grandes fluctuations de prix à l’échelle mondiale d’une saison à l’autre contrairement aux prix des céréales. Leur prix reste relativement stable.

Les légumes secs sont donc abordables en comparaison à la viande qui contient également des protéines. Cependant, ils sont plus chers que les autres céréales étant donné qu’ils apportent de meilleures qualités nutritives. C’est donc les légumineuses qui permettraient à tous de consommer des protéines puisque c’est moins cher que la viande mais cela permettrait aussi aux paysans de gagner un peu d’argent.

 

Qu’en serait-il en Inde et au Niger ? :

 

Aspect économique du point de vue des importations et des exportations

Les importations et les exportations constituent d’importants enjeux économiques. Les graphiques suivants nous indiquent d’où viennent les légumes secs et dans quels pays ils sont acheminés.

La figure 6 indique le pourcentage de production de haricots par région. On voit que les principaux producteurs sont les Asiatiques, ce qui est d’un côté positif, car eux aussi souffrent de la faim. Mais le problème est que les Africains ne produisent que 17.7% de la production mondiale, alors que ce sont des personnes qui souffrent de la faim. Nous voyons sur ce graphique que l’Amérique produit bien un tiers, alors que les Américains sont loin d’avoir des problèmes de faim.

Ce graphique nous donne une vue globale en fonction des continents, mais il faut maintenant regarder en détail car les zones qui souffrent de la faim sont spécifiques et ne comprennent pas tout un continent.

 

Figure 6 : Pourcentage de production par région en 2013 [9]

Figure 7 : Production mondiale des principales familles de légumineuses 2013 (Milliers de tonnes) [10]

 

 

 

Figure 8 : Production des pois secs dans le monde en 2007 [11]

 

La carte (Fig. 8) nous livre une vue précise des pays dans le monde, où les pois secs sont produits. Cela nous donne une indication sur la plupart des légumes secs. Elle complète le tableau précédent (Fig. 7) qui présente la production de diverses légumineuses sur les différents continents.

Nous allons par la suite regarder les exportations et les importations des différents continents en les séparant par l’est, l’ouest, le nord et le sud. Cela nous permettra d’avoir une vue plus précise sur ce qui est produit et est consommé dans le pays et ce qui part à l’exportation. Toutes les balances commerciales suivantes viennent du site de la FAO .

 

Balance commerciale de l’Asie du Sud et du sud-est

 

Figure 9 : Exportations et importations du Sud et sud-est asiatique, moyenne 2009-2013 [12]

 

L’Asie – avec l’Inde  – est un important producteur mondial de légumineuses, mais l’Asie est aussi un grand importateur et a donc une balance commerciale négative. Pourraient-ils produire plus de légumineuses?

 

Balance commerciale de l’Amérique du Nord

 

 

Figure 10 : Exportations et importations de l’Amérique du Nord, moyenne 2009-2013 [13]

 

L’Amérique du Nord produit des légumineuses pour ensuite les exporter dans les pays déficitaires. Ll’Amérique consomme peu de protéines végétales, puisqu’elle a les moyens de consommer des protéines animales.

Le but serait plutôt de produire à l’endroit même, où le besoin est, au lieu de faire profiter les pays riches pour leur apporter du travail et donc augmenter leur PIB. L’avantage de produire directement sur place permettrait à ces pays de créer de l’emploi et donc de ne pas toujours favoriser les pays qui sont déjà les plus riches.

 

Balance commerciale de l’Afrique

 

 

Figure 11 : Exportations et importations de l’Afrique du Nord, moyenne 2009-2013 [14] 

Figure 12 : Exportations et importations de l’Afrique centrale et occidentale, moyenne 2009-2013  [15]

  

 

Figure 13 : Exportations et importations de l’Afrique orientale et du Sud, moyenne 2009-2013  [16]

 

Ces dernières images illustrent les importations et exportations de la région du Nord de l’Afrique, de l’Afrique centrale et occidentale, puis de de l’Afrique orientale et du Sud. Nous pouvons voir que la balance commerciale pour la totalité de l’Afrique est négative. C’est donc ce qu’on disait plus haut, les pays qui sont le plus dans le besoin, c’est-à-dire les pays qui souffrent de la faim, doivent importer ces légumineuses à la place de les produire eux-mêmes en suffisance, alors que nous avons vu précédemment que ces légumes secs ne sont pas coûteux à produire et qu’ils apportent de nombreux bienfaits pour l’environnement. De plus, les pays dans le besoin exportent, alors qu’ils feraient mieux de nourrir leur population. De plus, ce n’est pas un problème de sécheresse, comme nous pourrions le penser, car les légumineuses ont besoin de peu d’eau et peuvent pousser dans des zones arides.

Mais il faut quand même noter que c’est uniquement à cause de l’Afrique du Nord que la balance commerciale de l’Afrique est négative. La balance commerciale de l’Afrique centrale, orientale, occidentale et du Sud est quant à elle positive, certes de très peu, car elle n’est pas suffisante pour vivre.

Revenons à l’Inde et au Niger afin d’illustrer la problématique des importations et des exportations des légumes secs :

 

Dimension culturelle en Inde et au Niger

La solution des légumes secs doit cependant tenir compte des habitudes culturelles de populations et reste dépendante de l’évolution des pratiques alimentaires.

« Dans la tradition hindoue la nourriture fait partie intégrante des rituels et conditionne un certain nombre d’obligations communautaires. Ce sont les concepts de pureté et de sacré qui ordonnent les aliments autour du foyer domestique, et la cuisson constitue un moment important du rituel. L’Hindouisme connaît un code très strict d’interdits alimentaires en particulier autour de deux idées principales : la vénération de la vache et le végétarisme.

Cependant le principal obstacle à une diversification des habitudes alimentaires est le poids de la pauvreté. Un budget familial moyen consacre les deux-tiers des dépenses à l’alimentation. Cette situation demeure inquiétante car le prix du riz et blé en forte augmentation oblige souvent les populations à les supprimer de leur alimentation alors que c’était une des seules sources de protéines. Et d’autre part, il y aussi la stagnation de la consommation de légumineuses, d’autant plus qu’elle ne s’accompagne pas d’une diversification de l’alimentation pour la très grande majorité de la population[18] ».

« Les modèles de consommation alimentaire au Niger n’ont pas évolué́ de manière très perceptible. Néanmoins, on peut relever une légère diminution des capitations céréalières au profit des légumineuses sèches. Dans ce pays, les céréales continueront encore à assumer l’essentiel des apports énergétiques[19] ».

 

Conclusion

Après avoir abordé notre problématique sur les légumes secs sous les angles nutritionnel, environnemental, économique et géographique, nous pouvons affirmer que les légumes secs peuvent être en partie une solution à la faim.

En reprenant point par point, nous avons vu premièrement que les légumes secs présentent de réels apports nutritionnels, supérieurs à divers aliments produits par les pays qui souffrent de la faim. Les légumineuses jouent un rôle crucial dans une alimentation saine et équilibrée. Les seuls points négatifs sont qu’elles ne possèdent pas tous les acides aminés nécessaires et qu’elles pourraient se révéler toxiques.

Ensuite, sur le plan environnemental, les légumineuses ne comportent que des avantages, que ce soit du point de vue de la protection de la biodiversité, de la non-utilisation des engrais azotés et de la protection contre l’érosion des sols. Les légumineuses peuvent de plus pousser dans des zones arides. Du point de vue environnemental, on ne peut rien reprocher aux légumineuses étant donné qu’elles permettent une production durable et avant tout, la sécurité alimentaire.

Au niveau économique, la production des légumes secs ne sollicite aucune intervention de l’Etat, ce qui permet alors aux paysans de s’occuper de leur côté des légumineuses sans pour autant avoir besoin d’acheter des engrais qui coûtent très cher et dont l’achat les contraint à s’endetter toujours davantage.

Finalement, du point de vue des importations et des exportations, nous constatons que l’Asie tient une grande part dans la production de légumineuses, mais le problème est que l’Amérique la talonne directement, alors qu’elle n’en a pas réellement besoin. Une fois de plus, nous voyons que les pays riches veulent profiter de vendre leur récolte aux pays pauvres. Ainsi les pays riches – et bien nourris ! – continuent de s’enrichir au détriment des pays dans la détresse alimentaire. Ils contribuent ainsi à la spirale de l’endettement et de la misère liée à la faim, dans lesquels vivent les pays pauvres.

Pour conclure, la Fédération nationale des légumes secs évoque les légumes secs comme la solution à l’éradication de la faim dans le monde vers 2030. Nous trouvons dans notre travail confirmation des résultats et postulats de cette Fédération.

 

 

Bibliographie

http://www.cite-sciences.fr/fr/ressources/bibliotheque-en-ligne/dossiers-documentaires/nourrir-le-monde-en-2050/4-notions-pour-comprendre-nourrir-le-monde/

http://www.lafranceagricole.fr/actualites/legumes-les-legumes-secs-ont-presque-tout-pour-plaire-1,0,511471039.html

https://reseauactionclimat.org/legumes-secs-solution-changements-climatiques/

http://www.alterinfo.net/UNE-SOLUTION-POSSIBLE-A-LA-FAIM-DANS-LE-MONDE_a40477.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Légume_sec

https://sante.journaldesfemmes.fr/calories/legume-sec-cuit-aliment-moyen/aliment-20700

https://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/aliments/legumes/legumes-secs/remettre-les-legumes-secs-au-gout-du-jour

https://sante.journaldesfemmes.fr/calories/epis-de-mais/aliment-20049

http://www.ethiquable.coop/page-dactualites-mag/7-legumineuses-equitables-bio-avec-paysans-dici

http://avoir-la-science-en-gre.e-monsite.com/pages/ii-quels-sont-les-effets-des-engrais-sur-l-environnement.html

https://fr.123rf.com/photo_25312481_pousses-de-haricots-à-germer-dans-la-zone-aride.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pois_cultivé

http://www.fao.org/in-action/food-security-at-the-top-of-indias-agenda/fr/

http://www.fao.org/3/a-i5384f.pdf:

Les avantages nutritionnels des légumineuses

http://www.fao.org/3/a-a1392f.pdf:

Céréales, légumes secs, légumineuses et matières protéiques végétales

http://www.fao.org/3/a-I7658f.pdf:

La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture

https://solagro.org/images/imagesCK/files/publications/f77_publi-legumes-secs-web-2.pdf:

Les légumes secs, quelles initiatives territoriales ?

[1]Figure 1 : Différents légumes secs. Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Légume_sec

[2]http://www.fao.org/in-action/food-security-at-the-top-of-indias-agenda/fr/

[3]Figure 2 : Légume sec cuit, teneur pour 100g.

https://sante.journaldesfemmes.fr/calories/legume-sec-cuit-aliment-moyen/aliment-20700

[4]Institut des légumes secs – La Nutrition

https://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/aliments/legumes/legumes-secs/remettre-les-legumes-secs-au-gout-du-jour

[5]Informations tirées de https://sante.journaldesfemmes.fr/calories/epis-de-mais/aliment-20049

[6]Figure : Les légumineuses : enrichisseur naturel des sols, mis en ligne le 3 novembre 2016.

http://www.ethiquable.coop/page-dactualites-mag/7-legumineuses-equitables-bio-avec-paysans-dici

[7]Figure 4 : Pollution des nappes phréatiques par la fertilisation azotée. http://avoir-la-science-en-gre.e-monsite.com/pages/ii-quels-sont-les-effets-des-engrais-sur-l-environnement.html

[8]Figure 5 : Pousses d’haricots à germer dans la zone aride.

https://fr.123rf.com/photo_25312481_pousses-de-haricots-à-germer-dans-la-zone-aride.html

[9]Figure 6 : Pourcentage de production par région. http://www.fao.org/3/a-i5528f.pdf

[10]Figure 7 : Production mondiale des principales familles de légumineuses 2013 (Milliers de tonnes). http://www.fao.org/3/a-i5528f.pdf

[11]Figure 8 : Production des pois secs dans le monde https://fr.wikipedia.org/wiki/Pois_cultivé

[12]Figure 9 : Exportations et importations du Sud et sud-est asiatique http://www.fao.org/3/a-i5528f.pdf

[13]Figure 10 : Exportations et importations de l’Amérique du Nord http://www.fao.org/3/a-i5528f.pdf

[14]Figure 11 : Exportations et importations de l’Afrique du Nord http://www.fao.org/3/a-i5528f.pdf

[15]Figure 12 : Exportations et importations de l’Afrique centrale et occidentale http://www.fao.org/3/a-i5528f.pdf

[16]Figure 13 : Exportations et importations de l’Afrique orientale et du Sud http://www.fao.org/3/a-i5528f.pdf

[17]Cf figure 10, 11 et 12

[18]Isabelle Milbert. L’impact des changements culturels et économiques sur les comportements alimentaires : le cas de l’Inde, Économie rurale, éditions Persée, Nº 190, pp. 46-49

[19]Courade Georges. Les politiques alimentaires sont-elles adaptées aux changements d’habitudes alimentaires en Afrique au sud du Sahara ? In : Économie rurale. N°190, 1989. pp. 21-26

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