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Le réchauffement climatique, quels impacts sur la production de céréales?

le dimanche 26 mai 2019 dans Articles d'élèves, Environnement | 0 commentaire

Par Coraline et Yumana 

La vie sur terre est possible entre autres grâce aux conditions climatiques. L’évolution de la température terrestre a été fortement modifiée dès la révolution industrielle du 19e siècle par l’industrie, les transports et l’agriculture en lien avec les progrès scientifiques et technologiques.  La population mondiale a grandi rapidement grâce aux progrès de la médecine et de l’hygiène. Ces différents facteurs ont conduit à une augmentation rapide de la consommation de pétrole et de ses dérivés, de l’intensification de l’agriculture ou de la déforestation, et donc sur l’émission de gaz à effet de serre, en particulier du CO2 (fig 1) que suit l’augmentation de la température sur la planète (fig 2). 

Fig 1 : De Science étonante,le blog de David Louapre : Taux de CO2 dans l’atmosphère depuis environ l’an 1000 à nos jours. Les taux de CO2 ont été mesurés grâce à l’analyse de glace arctique obtenue par carottage.  

Fig 2 : du rapport du GIEC (IPPC: Intergovernmental Panel on Climate Change) sur le «global warming of 1.5 C ». 

Comme conséquence, la température moyenne à la surface de la terre a augmenté avec un réchauffement global d’environ 1.0 degré Celsius à ce jour par rapport à l’ère préindustrielle.  (fig 3).  

Cette augmentation de la température n’est pas homogène et varie selon les régions ou les saisons. On constate que l’élévation de la température est plus marquée au Pôle nord et en particulier durant les mois d’hiver (fig 4). 

Fig 3 : Du rapport « global warming of 1.5 C » du GIEC : Evolution des températures de surface moyenne global depuis l’époque de leurs mesures. 

Fig 4 : Du rapport « global warming of 1.5 C » du GIEC. Réchauffement actuel selon les régions et saisons. 

Les céréales ont besoin de conditions climatiques et hydriques particulières selon les variétés. Elles poussent dans des régions apportant les bonnes conditions à leur croissance. Les céréales sont plus ou moins résistante aux stress thermiques ou hydriques. D’une manière générale, la demande en céréales et en aliments va s’accroitre au fil du temps en raison de l’augmentation de la population mondiale. 

Le maïs est la céréale la plus cultivée sur la planète. Il représente 40 % de la production mondiale de céréales. C’est la base de l’alimentation pour plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique latine. Il sert également à nourrir les animaux et produire du biocarburant. Le maïs est produit entre autres aux Etats-Unis, en Chine, au Brésil, en Argentine, en Inde et en Europe (fig 5). 

Fig 5 : Margaux Lacroux, Libération 26 décembre 2018, p 2-6

Le maïs est sensible aux températures élevées et à la déshydratation. Afin d’éviter les zones de sécheresses à venir, sa production devrait se déplacer vers les pays d’Europe du Nord. Différentes techniques d’agriculture devront être implantées ou intensifiées pour favoriser un rendement adéquat. Ces techniques agricoles comprennent entre autres la rotation des types de semences, l’utilisation de variétés de céréales résistantes et adaptées aux conditions changeantes, ou l’agroforesterie. 

Le riz est la deuxième céréale la plus produite au monde. Le riz est l’aliment de base pour la moitié de l’humanité. Le riz est cultivé principalement en Chine, en Inde et en Asie du Sud-est (fig 6). 

Fig 6 : Margaux Lacroux, Libération 26 décembre 2018, p 2-6

Diverses techniques agricoles sont pratiquées ou en cours d’implémentation pour optimiser la culture du riz et diminuer les émissions de gaz à effet de serre liés à sa culture. 

Les conséquences du réchauffement climatique sont multiples et déjà visibles actuellement. Elles vont s’intensifier au cours du temps et mettront en péril la vie ou survie d’une part importante de la population mondiale. 

Il y a ou aura une augmentation de la fréquence et intensité des phénomènes climatiques extrêmes : canicules, vagues de chaleurs, pluies torrentielles, ouragans, cyclones, inondations, sécheresses. Ces événements participeront à la dégradation des terres et impacteront la biodiversité ainsi que les écosystèmes. La fonte des glaces des deux pôles conduit à une augmentation du niveau des mers et océans. 

Ces changements climatiques diminueront les réserves et l’accès à l’eau douce, favoriseront l’apparition de nouveaux ravageurs, de nouvelles maladies, de sécheresse. Ces événements auront principalement une influence négative sur la production de céréales.

Les effets seront parfois positifs, par exemple en augmentant la durée des périodes de culture dans certaines régions. 

Il est extrêmement difficile de prévoir les effets précis du changement climatique sur l’agriculture et la production de céréales (fig 8).

Fig 8 : D’après OCDE 2014. Projection de l’évolution des rendements de maïs à l’horizon 2015. 

Les régions au Nord ou en altitude auront tendance à connaître des baisses ou des hausses de rendement, selon les cultures, par rapport aux rendements attendus sans changement climatique. 

En revanche la diminution de production sera généralement plus marquée dans les régions situées à des latitudes plus basses, ou à basse altitude.  

Ces effets varient selon le type de céréales. Par exemple les rendements du mais devraient fléchir dans la plupart des régions. Pour le blé, l’impact sur la production globale sera faible au niveau mondial, mais ils seront considérables dans certaines régions comme l’Asie du Sud et en Afrique subsaharienne (fig 9). 

Fig 9: Du rapport FAO 2016 

Les changements positifs et négatifs s’équilibrent jusqu’à 2030. En effet le réchauffement climatique devrait d’ici à 2030, entraîner à la fois des hausses et des baisses de la productivité des cultures selon les endroits et les conditions. A partir d’environ 2030, l’ampleur des effets négatifs du changement climatique sur les rendements agricoles s’accentueront dans toutes les régions et dépasseront de plus en plus les effets positifs dans certaines régions (fig 10). Les rendements agricoles diminueront particulièrement dans des régions déjà touchées par l’insécurité alimentaire, comme les régions tropicales et les régions désertiques. 

Fig 10 : du rapport FAO 2016 

Pour conclure, le réchauffement climatique est une réalité qui affecte déjà la production des céréales et la production agricole de manière générale. Les conséquences du réchauffement climatique sur la production de céréales vont s’accentuer avec l’augmentation à venir des températures, liées à toutes sortes d’événements climatiques défavorables à l’agriculture. Les régions seront touchées à divers degrés par ces changements. Les pays en voie de développement seront les plus touchés.

L’amplitude de ces phénomènes dépendra fortement de l’amplitude de l’augmentation des températures, +1,5 C ou +2 C, avec des effets beaucoup plus dramatiques sur la production de riz et de maïs pour une augmentation de +2 C (fig 11) (fig 12). 

Fig 11 : du rapport FAO 2016 

Fig 12 : Adapté du rapport GIEC 2015

Bibliographie

http://www.fao.org/3/a-i6030f.pdf

https://www.ipcc.ch/sr15/

https://www.oecd.org/fr/daf/inv/mne/2016-Annual-Report-MNE-Guidelines-FR.pdf

https://www.liberation.fr/apps/2018/12/agriculture-et-climat/

https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/2/2018/12/ST1.5_OCE_LR.pdf

Pablo Servigne, Nourrir l’Europe en temps de crise, Nature&Progrès, 2014.

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