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Les labels véganes sont-ils légitimes?

le jeudi 16 mars 2017 dans Articles d'élèves, Environnement, Société | 0 commentaire

Un article de Gaspard & Bastien

Le véganisme est un mode de vie qui s’accompagne de bon nombre de contraintes. Les personnes qui y adhèrent doivent renoncer à tout produit alimentaire d’origine animale, mais également les différents produits ayant été testés sur des animaux (cosmétiques) et les différents vêtements à base de fourrure, de laine ou de peau animale. Ils doivent aussi éviter certains endroits comme le zoo ou le cirque. Des labels se sont donc développés pour aider les véganes à trouver plus facilement les produits qui correspondent à leur mode de vie. Parmis eux, le label de la Vegan Society, mais aussi le label (suisse) de l’Union Végétarienne Européenne, ou encore les labels Cruelty Free. Mais ces labels sont-ils fiables?

 

 

Premièrement, pour acquérir un label végane, les conditions varient suivant le pays et le label, comme le dit le site ethicalelephant:

“The degree of legitimacy of each logo/label varies and depends whether there are label standards or an organization who verifies such claims. If no one is policing a claim then manufacturers can use and sometimes even abuse these unregulated labels with the hopes it’ll convince consumers to buy their products.”

Un label n’est pas forcément contrôlé de la même façon partout dans le monde. Cela peut donc mener à de nombreux abus. Le label One Voice, par exemple, certifie qu’un produit n’est pas testé sur les animaux. Cependant, il n’est pas retiré si le produit n’est testé sur des animaux que sur les marchés étrangers. Ce label peut alors être facilement contourné est n’est donc pas fiable, comme le disent les auteurs du site the-green-family.fr.

 

Certaines industries alimentaires profitent du label végane pour pouvoir séduire une clientèle plus vaste en proposant de la nourriture végane alternative aux viandes. Ce procédé est certes légitime si le produit répond effectivement aux bons critères mais d’un point de vue éthique, cela n’est pas forcément bon de proposer des plats véganes à côté de plats à base de poulets élevés en batterie, par exemple. Ces industries offrent ces nouveaux produit pour toucher un public plus large mais pas pour adhérer aux valeurs véganes. Unilever répond à Vance Lehmkuhl lorsqu’il demande si la multinationale souhaite “véganiser” ses marques:

“We know that consumers today are looking for a variety of choices, and we continuously evaluate our brands and products in an effort to meet those evolving tastes, lifestyle preferences and needs.”

Rien dans cette déclaration ne parle explicitement du véganisme ou de l’exploitation des animaux. Unilever parle simplement de l’adaptation de ses produits aux consommateurs. De même, Ben & Jerry’s sort 3 nouveaux parfums “véganes”, mais ce n’est, là encore, pas pour soutenir le mouvement végane, révèle Vance Lehmkuhl:

“I chatted with Greenwood about the company’s move in a non-dairy direction and he explained B&J’s long-term « carbon tax » – the company has worked out its own carbon footprint and is implementing a plan to neutralize it.”

Le choix de Ben & Jerry’s est donc de réduire leur taxe carbone, pas de devenir végane.

Malgré ces abus, pratiques ou éthiques, beaucoups de labels restent fiables. C’est le cas du logo de la Vegan Society ou du label “Nature et progrès”.

Il y a cependant, parmis ces labels, le Certified Vegan, qui demande une taxe à l’entreprise qui souhaite en bénéficier relativement à son chiffre d’affaire mais pas au nombre de produits certifiés.

“We ask for an annual licensing fee of each company (not for each product) for use of the trademarked “Certified Vegan” logo. The licensing fee is assessed by the company’s annual revenue and is due before permission is granted to use the “Certified Vegan” logo.”

Cette taxe, fort heureusement peu élevée, existe dans le but d’éviter un usage illégitime de ce label mais aussi pour garantir son essor et sa diffusion. Malheureusement, dans ce cas, une taxe est plus un frein qu’un accélérateur. En effet, seules les entreprises au revenu suffisamment haut pourront s’offrir ce label, ce qui pénalisera des entreprises plus petites ou plus locales mais dont les produits sont tout aussi véganes.

Enfin, certains produits labellisés véganes tout en étant respectueux des animaux et de l’environnement, le sont moins à l’égard des humains en les exploitant. Dans certains pays, le cacao est produit de manière complètement végane (pas d’animaux impliqués), alors qu’ils sont tristement célèbres pour le travail des enfants, le trafic d’être humain et l’esclavage, y compris dans les fermes à cacao.

“The majority of cacao beans (or cocoa beans) come from either the Ivory Coast or Ghana in West Africa, and, unfortunately, child labor, human trafficking and slavery have been documented on cacao farms in these countries.” http://www.onegreenplanet.org/lifestyle/it-takes-more-than-a-vegan-label-to-make-chocolate-cruelty-free/

Le chocolat qui en résulte n’est donc pas cruelty free pour tout le monde.

 

En conclusion, il faut être circonspect vis-à-vis de certains labels véganes car certains sont tout simplement illégitimes (les produits ne sont pas vérifiés ou les standards du label peuvent être contournés), et d’autres permettent à des entreprises de toucher un public plus large sans pour autant aider la cause végane (un fast-food proposant dix burgers classiques et un burger végane ne se soucie pas vraiment de l’exploitation des animaux). D’autres encore cachent l’exploitation d’êtres humains. Il ne faut donc pas faire confiance aveuglément aux labels et toujours se renseigner sur ce qu’ils signifient vraiment.

 

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