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La contrefaçon de montres suisses, un problème intemporel

le vendredi 17 mars 2017 dans Articles d'élèves, Flux, Société | 0 commentaire

Un article de Corentin et Hugo

Repérez les fausses Rolex Submariner parmi les montres ci-dessous!

http://www.lepoint.fr/montres/comment-reperer-une-fausse-rolex-21-06-2013-1998604_2648.php

 

Les diverses marques de montres, et plus fortement encore les marques de luxe, doivent lutter contre les contrefaçons. Incapables de stopper ou seulement d’éviter ce phénomène, elles sont confrontées aux faussaires, le plus souvent asiatiques. Bien que toutes les gammes soient touchées, de la plus basse à la plus luxueuse, c’est naturellement dans le domaine du luxe que les contrefaçons font parler d’elles et créent la polémique. Même si les marques les voient comme un fléau, les contrefaçons peuvent également se révéler, malgré elles, des ambassadrices de ces marques et en diffuser l’image et le nom dans le monde, ainsi que le désir d’en posséder.

 

Exportation suisse de montres

http://www.fhs.swiss/file/59/Horlogerie_2015.pdf

L’Asie est le premier marché d’exportation de montres suisses en 2015, continent qui regroupe la plupart des contrefacteurs de ces mêmes montres. Evidemment, la quasi-totalité des acheteurs asiatiques est de bonne foi; leur simple but est de porter une montre suisse au poignet. Toutefois, les faussaires se basent sur des modèles authentiques pour les reproduire, puis les revendre à travers le monde. Il est logiquement impossible pour les marques de savoir si elles vendent leurs produits à des personnes ayant pour projet de les contrefaire, ou à de simples particuliers pour leur usage personnel.

La Suisse est toujours à la première place des exportations en termes de valeur.

« Le principal changement pour [attribuer une origine helvétique à un produit] consiste à préciser un critère de valeur minimum sur la montre et non plus uniquement sur le mouvement. Ainsi, pour être estampillée Swiss made, une montre doit dorénavant satisfaire à l’exigence de 60% minimum de valeur suissehttp://www.fhs.swiss/fre/strengthening.html

 

La Chine est le premier pays exportateur de montres.

« La Chine a renforcé sa position de premier producteur de montres en volume l’année passée. Elle a exporté 682,8 millions de garde-temps. […] A la troisième place, la Suisse a affiché une évolution légèrement négative en 2015. Ses exportations de montres ont indiqué 28,1 millions de pièces. »
Le prix moyen des montres exportées par la Chine est resté stable, à 4 dollars (prix export) en 2015. […] Les montres suisses sont restées nettement au-dessus de ces chiffres. Leur prix moyen s’est établi à 748 dollars. »

La valeur moyenne des montres chinoises étant 187 fois inférieure aux montres suisses, on doute que les Chinois puissent concurrencer rapidement les Suisses en termes de valeur. De plus, réaliser des montres à 4 dollars – il vaut mieux ne même pas parler des conditions qu’il faut réunir pour être capable de produire à un tel prix – qui prétendent rivaliser avec des montres suisses 187 fois plus chères est inenvisageable.

Cependant, les contrefaçons de montres suisses trouvent des acheteurs à travers le monde et ceci n’est peut-être pas qu’une mauvaise nouvelle…

Le journal français Le Monde aborde ce sujet des contrefaçons avec Frédéric Godart, professeur à l’INSEAD (Institut européen d’administration des affaires) :

« La contrefaçon est perçue par les professionnels du secteur du luxe comme un problème de manque à gagner, comme des opportunités de ventes perdues. Mais ça ne dévalorise pas forcément leur image. C’est une sorte d’hommage qui leur est rendu, mais un hommage pervers. […] La montre de luxe est un objet de distinction, alors la Suisse fait campagne sur le fait qu’il est ridicule d’en avoir une fausse. Mais est-ce que limiter la consommation de produits contrefaits permettra d’augmenter l’achat des originaux ? Ce n’est pas évident. […] La contrefaçon, c’est la rançon de la gloire en quelque sorte. Ce sont des marques avec une très forte demande parce qu’elles représentent un statut social. Les personnes qui achètent ces contrefaçons n’ont pas forcément les moyens de s’acheter les originaux. La contrefaçon est un indicateur du prestige de la marque, c’est pour ça que les plus grandes marques sont touchées. »

Les acheteurs de contrefaçons achètent non seulement la montre, mais surtout l’image qu’elle représente. Par conséquent, aux yeux des personnes n’ayant pas les moyens de se procurer les montres authentiques, la marque ne perd pas son image prestigieuse et, peut-être un jour, pourra-t-elle récupérer ces mêmes acheteurs qui auraient l’opportunité d’acquérir une montre originale. Par conséquent, limiter la consommation de produits contrefaits ne fera sûrement pas augmenter l’achat des originaux dans l’immédiat, mais pourra tout à fait le faire augmenter à plus long terme, lorsque les personnes ayant acheté une montre contrefaite dans le passé auront les moyens de s’en acheter une authentique.

www.jbw007.com

 

En 2012 – le problème est bien-sûr toujours actuel –, la RTS (Radio-Télévision Suisse) s’intéresse à ce sujet :

« Les enquêteurs de la fédération horlogère viennent de saisir des copies de montres de luxe et d’entrée de gamme dotées de mouvements complexes, une première qui démontrent les progrès des faussaires qui se trouvent essentiellement en Chine. […] En grande majorité chinois, les contrefacteurs ont les moyens de fabriquer des produits de grande qualité et précision, comme les montres à tourbillon vendues plusieurs milliers de francs dans le secteur du luxe. »

 

http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/contrefaons-horlogeres-les-marques-suisses-doivent-faire-face-a-des-copies-toujours-plus-realistes?id=1505656

Un entretien de la RTS avec Jean-Claude Biver, directeur de Hublot, Tag Heuer et Président de la Division Montres du groupe LVMH

http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/contrefaons-horlogeres-entretien-avec-jean-claude-biver-directeur-hublot?id=1505658

 

En conclusion, les faussaires améliorent sans cesse la qualité et le réalisme de leurs copies tout en gardant un prix minimum. Ce qui n’est pas pour plaire aux principales lésées, les marques suisses, qui mettent tout en œuvre pour se protéger de cette concurrence et informer les acheteurs. Ce combat que mènent les marques suisses est donc loin d’être terminé, étant donné que les contrefacteurs n’ont pas l’intention de laisser passer l’occasion que les montres de luxe leur donnent de gagner beaucoup d’argent.

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